Izmir, Ephèse et Hiérapolis, cap sur la côté égéenne turque à la découverte de ses trésors antiques

Izmir, Ephèse et Hiérapolis, cap sur la côté égéenne turque à la découverte de ses trésors antiques

A la croisée de la Grèce antique, de l’empire romain et de la Turquie moderne, la côté égéenne de la Turquie, dont l’histoire est façonnée par ses échanges commerciaux avec l’Europe, le bassin méditerranéen, l’Egypte et l’Asie, nous offre de nombreux trésors antiques. Avec ses collines parsemées d’oliviers dans les terres et une côté baignant dans la lumière de la mer, c’est aussi de magnifiques paysages que nous donne à voir cette partie de la Turquie. J’ai eu la chance d’en visiter trois grands sites : Izmir, Ephèse et Pamukkale.

Izmir, carrefour de civilisations et d’histoire

Lorsqu’un jour Alexandre le Grand, épuisé suite à une partie de chasse, s’endormit sur le mont Pagus à l’ombre d’un platane non loin d’un temple dédié de Némésis, la déesse lui apparut alors dans un songe. Elle lui ordonna de construire une nouvelle cité sur ce lieu même et d’y conduire les habitants de la ville de Smyrne alors détruite par les Lydiens. Alexandre fit part de ce rêve aux habitants de Smyrne qui sollicitèrent l’oracle d’Apollon pour interpréter ce rêve. Ce dernier leur confirma qu’une vie meilleure les y attendrait, le roi jeta alors les premières fondations de la ville. C’est ainsi que naquît selon la légende la nouvelle Smyrne, la future Izmir.

« Lorsqu’un jour Alexandre le Grand, épuisé suite à une partie de chasse, s’endormit sur le mont Pagus à l’ombre d’un platane non loin d’un temple dédié de Némésis, la déesse lui apparut alors dans un songe. Elle lui ordonna de construire une nouvelle cité sur ce lieu même et d’y conduire les habitants de la ville de Smyrne alors détruite par les Lydiens. »

Izmir, anciennement Smyrne dans le monde antique, fut l’une des cités antiques les plus puissantes et les plus rayonnantes de la côté égéenne, aux côtés de Pergame et d’Ephèse. Elle est aujourd’hui la troisième agglomération de Turquie et le deuxième port du pays. Avec un passé riche de plus 8500 ans, elle fut témoin de l’évolution de nombreuses civilisations telles que les Hittites, les perses, les Grecques puis enfin des Romains, des Byzantins et des Ottomans. Aujourd’hui ville moderne, il reste encore quelques rares traces de ce riche passé disséminées à travers la ville. Malheureusement, le temps venant à me manquer, je n’ai pu en admirer qu’une partie. Si j’ai ainsi eu la chance de visiter les vestiges d’une agora datant du IVème siècle avant J.C., j’ai en revanche dû laisser à une prochaine visite la citadelle de Kadifekale, « château de Velours », témoin des affrontements de la ville, fondée par les Hellènes et renforcée au fil des siècles par les Romains, les Génois et enfin les Ottomans.

Smyrne, joyaux de la Grèce antique à l’empire ottoman

Si selon la légende, Alexandre Le Grand bâtit les premières fondations de la ville, l’histoire accorde en revanche la paternité des premiers travaux au général Antigone. Ils auraient par la suite été complétés par le général Lysimachus au IIIème siècle avant J.C. La ville fut ainsi établie sur le Mont Pagus face au port. Avenues, temples, théâtres, agoras, bouleutérions, stades furent érigés et Smyrne devint progressivement une cité portuaire florissante. Grandissant lentement sous la période hellénique, elle tomba sous le contrôle du royaume de Pergame en 197 avant J.C. Puis sous la période romaine, Smyrne connu un véritable essor et devint l’une des plus importantes villes d’Asie mineure au point que le géographe grec Strabon la qualifia de « la plus belle ville d’Asie ».

Mais la ville connue bien des difficultés. A commencer par les tremblements de terre. Elle fut ainsi victime d’un violent séisme en 178 avant J.C. qui endommagea sérieusement de nombreux édifices. Smyrne dut également s’adapter à un autre type de bouleversement, la division de l’empire romain en 395 après J.C. Smyrne fut alors rattachée à la partie Est de l’empire. Enfin, Izmir fit l’objet de nombreux affrontements au cours des siècles qui l’opposèrent aux Arabes, Seljuks, Croisés et Génois. Tous tentèrent de s’emparer de la cité. En 672 les Arabes s’emparèrent de la ville et l’utilisèrent comme base pour lancer des raids sur Istanbul. Puis les Turcs étendirent leur influence dans la région jusqu’en 1098 où les Génois prirent à leur tour le contrôle de la ville. Pourtant, trois siècles plus tard, les turcs reprirent de nouveau la ville en 1317 jusqu’à ce qu’en 1344, l’armée des Croisés s’emparent d’une des bases de la ville provoquant la division de la ville en deux parties. Il faut alors attendre 1402 pour les turcs reprennent définitivement contrôle de la ville.

L’agora d’Izmir, précieux vestiges de la cité antique

Agora d'Izmir

Agora d’Izmir

Entourée de bâtiments modernes, l’agora d’Izmir semble émerger au milieu de la ville contemporaine comme le vestige d’un temps révolu qui serait subitement remonté à la surface. Ses colonnes corinthienne et chapiteaux se dressent fièrement devant nos yeux, semblant rayonner sous le soleil.  Marché central de la ville, l’agora fut construite IVème siècle avant J.C. Détruite par un tremblement de terre en 178 avant J.C., la plupart des ruines de l’agora que l’on voit aujourd’hui datent de sa reconstruction sous l’empereur Marc Aurèle. De forme rectangulaire, l’agora abrite une large cour entourée de galeries de colonnes. Etaient érigés dans cette cour des monuments en l’honneur de personnes et de dates importantes, des statues, des autels dédiés aux diverses divinités pour les cérémonies religieuses etc. La partie nord de l’agora servit par la suite de basilique dont une partie des fondations ont survécu jusqu’à nos jours. Elle est un bel exemple de basiliques à l’époque romaine qui nous soit parvenu.

Rez-de-chassée de l'agora d'Izmir

Rez-de-chassée de l’agora d’Izmir

« Marché central de la ville, l’agora fut construite IVème siècle avant J.C. Détruite par un tremblement de terre en 178 avant J.C., la plupart des ruines de l’agora que l’on voit aujourd’hui datent de sa reconstruction sous l’empereur Marc Aurèle. »

La partie ouest de l’agora composée de galeries de colonnes recouvre une structure à deux étages : le rez-de-chaussée et un second étage où les gens pouvaient en cas de besoin se protéger de la pluie, du soleil, se promener, échanger des biens etc.

L’éclat aveuglant des pierres et du soleil nous ferait presque passer à côté du visage de l’impératrice Faustine gravé dans la pierre sept mètres au dessus de nos têtes. Une avenue de la ville entrait en intersection avec l’agora. La porte qui se dresse aujourd’hui devant nous et où l’on peut voir le visage incrusté de Faustine, épouse de Marc Aurèle, marquait cette intersection.

Visage de l'impératrice Faustine

Visage de l’impératrice Faustine

[alert style= »3″]Un peu d’actualité sur l’agora d’Izmir : La rue principale de l’agora a été très récemment mise au jour. Cliquez ici pour en savoir plus[/alert] L’agora connut à la fin de l’empire byzantin puis sous la période ottomane, un tout autre destin puisqu’elle servit de cimetière, comme en témoignent les pierres tombales retrouvées dans la cour. Nous allons à présent visiter deux autres joyaux de la côté égéenne, les cités antiques d’Ephèse et de Hiérapolis, cités fantômes qui après avoir connu leurs moments de gloire, sombrèrent peu à peu dans l’oubli.

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Jess Bontemps

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