Tag Archives: Antiquité romaine

Pompéi, découverte d’une nouvelle fresque représentant Narcisse

Pompéi, découverte d’une nouvelle fresque représentant Narcisse

16 Février 2019 – Pompéi est loin de nous avoir livré tous ses secrets. Les archéologues viennent de mettre au jour une nouvelle fresque dans une riche villa. Restée prisonnière des cendres pendant près de 2000 ans, cette peinture représente Narcisse, célèbre personnage de la mythologie grecque.

Peint dans l’atrium, pièce principale de la villa, Narcisse est positionné au centre d’une fresque murale aux couleurs oranges et rouges foncées. On peut le voir admirant son reflet dans l’eau d’une rivière. Il est accompagné d’un chien et d’un autre homme qui pourrait être Cupidon, le dieu de l’amour.

En pour cause. Dans la mythologie grecque et romaine, Narcisse est un jeune homme d’une incroyable beauté. Il repousse de nombreux prétendants dont la nymphe Écho. Furieuse, elle en appela à Némésis, déesse de la colère et du châtiment. La vengeance de la nymphe éconduite fut terrible. Alors que Narcisse se promène en forêt, il est pris d’une soif et s’abaisse pour boire de l’eau. Il tombe alors amoureux de son propre reflet. Ne parvenant plus à se relever, condamné à s’admirer sans fin, il finit par mourrir.

Les couleurs éclatantes de la fresque laissent penser que la décoration de la villa fut réalisée dans les dernières années de la cité, avant qu’elle ne soit détruite par l’éruption volcanique en 79 de notre ère.

Au mois de novembre 2018, une fresque mettant en scène Léda et Zeus ayant pris la forme d’un cygne avait déjà été mise au jour dans la chambre de la même villa.

Pour en savoir plus : Parc archéologique de Pompéi

Nouvelle fresque mise au jour à Pompéi

Elément de la fresque murale mise au jour à Pompéi dans l’atrium de la villa.

Fresque de Léda et Zeus, Pompéi

Fresque de Léda et Zeus, Pompéi

Superbes mosaïques romaines découvertes à Uzès

Superbes mosaïques romaines découvertes à Uzès

9 avril 2017 – Des archéologues de l’Inrap (Institut national de recherches archéologiques préventives) mettent actuellement au jour une partie de l’histoire d’Uzès, petite ville située dans le Gard près de Nîmes. De remarquables mosaïques romaines ont notamment été exhumées. Cette découverte témoigne du passé antique de la ville, autrefois appelée Ucetia.

L’existence de cette ville romaine n’était jusqu’à présent qu’attestée par le toponyme Ucetia, présent sur une inscription géographique de Nîmes, et par la découverte de quelques rares fragments de mosaïques dans la ville. L’actuel chantier de 4 000 m² a révélé de nombreux vestiges datés de l’époque républicaine (Ier siècle avant notre ère) à la fin de l’Antiquité (VIIe siècle), et plus rarement du Moyen-Âge. 

Les archéologues ont ainsi mis au jour un vaste bâtiment de 250 m². Il pourrait s’agir d’un édifice public qui aurait perduré jusqu’à la fin du Ier siècle de notre ère. Il comporte notamment une grande salle de 60 m² dont le sol est recouvert d’un magnifique pavement mosaïqué. Quatre animaux, hibou, canard, aigle et faon, encadrent un délicat ensemble de cercles et de rayons.  

Motif central de la mosaïque (seconde moitié du Ier siècle avant notre ère) découverte dans un probable bâtiment public.

© Bertrand Houix, Inrap 2017

Les vestiges d’une domus du Haut-Empire de plus de 500 m² ont aussi été mis au jour. Une des pièces a livré un autre sublime décor mosaïqué formé de motifs carrés entourés de quatre curieux dauphins.

Selon les chercheurs, ce secteur pourrait avoir été assidument fréquenté jusqu’à la fin de l’Antiquité, entre les Vème et VIIème siècles. Les archéologues viennent d’engager de nouvelles fouilles sur un autre secteur qui révèlent également des occupations antiques et médiévales dont deux chaussées et un carrefour, abandonnés au début du IIe siècle de notre ère.

En savoir plus sur le site de l’Inrap.

Mosaique à dauphin - Uzès

Mosaïque aux dauphins – Site archéologique d’Uzès © Yoann Pascal, Inrap 2017

Mosaïque romaine d'Uzès - Aigle

Mosaïque romaine d’Uzès – Aigle

 

De rares fresques romaines découvertes à Arles

De rares fresques romaines découvertes à Arles

© J. Boislève/ Inrap

14 juillet 2015 – Des fresques exceptionnelles de l’époque romaine ont été mises au jour à Arles. Mettant en scène des personnages très finement travaillés, ces peintures murales dévoilent par ailleurs un style de représentation extrêmement rare. Depuis le 1er avril 2015, des fouilles archéologiques ont repris à Arles sur le site d’une maison datée du Ier siècle avant J.-C (site municipal de la Verrerie dans le quartier de Trinquetaille). Ces recherches sont réalisées par le service archéologique du conseil départemental des Bouches-du-Rhône avec le soutien de la ville d’Arles et en partenariat avec l’Inrap (Institut national de recherches archéologiques préventives). Débutées en 2014, elles s’achèveront en 2016 à raison de quatre mois de fouille par an.

Arles et le site archéologique de Trinquetaille à l’époque romaine

Située à l’embouchure du Rhône, la ville portuaire d’Arles s’est implantée dès le VIème siècle avant J.-C. sur un axe commercial majeur qui a permis le développement de la cité. A partir des années 30 avant notre ère, la ville côté rive gauche (où se trouvait le coeur civique et administratif) fut dotée de rues pavées, d’arcs monumentaux, d’un forum et d’un théâtre.

Trinquetaille qui se trouvait sur la rive droite du Rhône, était à l’époque romaine un vaste quartier portuaire et résidentiel comme en témoignent les traces d’occupation s’échelonnant du Ier siècle avant J.-C. à la fin du Vème siècle. Le quartier avait également une fonction économique avec un forum, des docks, des entrepôts et des activités artisanales ainsi qu’une fonction funéraire avec la présence d’au moins deux nécropoles. Vers la fin du IIIème siècle, le site aurait été victime d’une destruction violente suivie de son abandon progressif. Des premières fouilles archéologiques réalisées de 1982 à 1984 avaient déjà révélé un quartier d’habitations romaines. L’étude des maisons datant du IIème siècle de notre ère avait permis d’entrevoir le luxe de ces habitations caractérisées par un large apparat décoratif (placages de marbre, peintures murales et mosaïques). Laissé de côté pendant plus de 20 ans, ce site fait à présent de nouveau l’objet de fouilles.

Nouvelles découvertes archéologiques

Une première campagne de fouilles avait révélé en 2014, dans une première pièce associée à une chambre à coucher, un rare décor peint de deuxième style pompéien (selon la classification établie dès le XIXème siècle sur la base des peintures mises au jour à Pompéi), daté entre 70 et 20 avant notre ère. Ce type de peintures de haute qualité était réservé aux salles d’apparat des plus riches demeures, souvent celles des élites dirigeantes de la cité, de Romains installés dans la région après la conquête ou de notables locaux cherchant à marquer leur assimilation au mode de vie romaine.

Fresque romaine découverte à Arles

© J. Boislève/ Inrap – Fresque romaine découverte à Arles

Dans la pièce voisine actuellement fouillée, les archéologues ont découvert un décor unique en France. Il appartient également au deuxième style pompéien mais présente une variante jusqu’à présent inédite en France. La fresque insère en effet dans l’architecture fictive des personnages de grande taille. Sur un fond uni de rouge vermillon (pigment de luxe pour l’époque), des colonnes fictives imitant le marbre forment des espaces dans lesquels sont représentés divers personnages. Les morceaux de fresque montrant une femme jouant d’un instrument à cordes ressemblant à une harpe ont ainsi été exhumés (cf. photo ci-contre). Les premières observations ne permettent pas encore d’identifier les personnages de cette scène murale. Néanmoins, quelques indices semblent trahir la présence du dieu Pan et laisse penser que la fresque pourrait illustrer l’univers de Bacchus souvent représenté sur les murs romains.

La qualité et la finesse de la représentation des visages, des corps et des vêtements ainsi que la richesse des pigments témoignent d’un travail d’atelier extrêmement qualifié, venant probablement d’Italie. Ces peintures dévoilent ainsi un site exceptionnel dont la richesse et le style des fresques (également peu nombreuses en Italie) renvoient à certaines des plus riches villas romaines du Ier siècle avant J.-C. comme la villa de Boscoréale et la villa des Mystères à Pompéi.

Le deuxième style pompéien n’a jusqu’alors été identifié  que sur une vingtaine de sites en France. Le site d’Arles offre ainsi la possibilité pour les chercheurs de mieux comprendre la diffusion de cette mode dans le sud de la Gaule. Ces découvertes permettent également d’en savoir plus sur un très riche habitat implanté en rive droite du Rhône, dès le Ier siècle avant notre ère au moment où l’antique Arelate connaissait justement un essor politique et économique après son soutien à César lors de la guerre civile qui l’opposa à Pompée.  

En savoir plus sur le site de l’Inrap

« Digital Pompéi » : une représentation 3D inédite du site archéologique

« Digital Pompéi » : une représentation 3D inédite du site archéologique

6 mai 2015 – A l’occasion de sa conférence « Build » à San Francisco (événement annuel dédié aux développeurs ) du 29 avril au 1er mai, Microsoft a présenté en avant-première le projet « Digital Pompéi » permettant de découvrir virtuellement le site archéologique de Pompéi. Un scénario de visualisation du modèle 3D intégral et une expérience de navigation virtuelle interactive via le navigateur Microsoft Edge offrent ainsi une nouvelle vie aux ruines de Pompéi.

« Digital Pompéi » résulte d’une collaboration de divers acteurs issus du privé, du public et du monde académique : Microsoft Research, Inria (institut de recherche dédié au numérique), les start-up Iconem et Cintoo3D. Au delà de Pompéi, l’objectif de ce projet est de proposer une nouvelle approche de la cartographie 3D de la ville ou des grands ensembles urbains.

Cette modélisation 3D fait appel aux techniques de « photogrammétrie » appliquées à une échelle jusqu’à présent inédite, c’est à dire celle d’une ville entière. A l’aide d’un drone et d’un ballon captif survolant le site, 30 000 photos ont été prises à 30 mètres d’altitude, couvrant l’ensemble du site archéologique. Le modèle 3D a ensuite été conçu à l’issue de 1200 heures de calculs dans le Cloud Microsoft Azure à l’aide des algorithmes issus d’Inria.

« Ce projet trouve sa source en 2009, lorsque nous avons rassemblé une équipe pluridisciplinaire au sein du centre de recherche commun Inria-Microsoft Research, pour expérimenter l’application à l’archéologie des techniques de reconstruction 3D à partir de photos numériques à l’aide du logiciel PMVS. C’est avec Hélène Dessales, maître de conférences à l’ENS et spécialiste de l’architecture romaine que nous avons d’abord étudié et modélisé la «villa de Diomède», l’une des plus grandes résidences privées de Pompéi, inédite à ce jour, avant d’imaginer pouvoir étendre cette approche à l’intégralité du site », explique Jean Ponce, professeur à l’Ecole Normale Supérieure et Directeur de l’équipe-projet commune CNRS/ENS/Inria «Willow».

« Il s’agit d’un véritable exploit technique : construire un modèle complet d’un ensemble aussi vaste et complexe que Pompéi est une mise à l’épreuve à une échelle inédite d’algorithmes expérimentaux issus de la recherche et demande une puissance de calcul considérable, obtenue grâce au Cloud Microsoft Azure. Cette collaboration exemplaire nous permet d’explorer notre passé, de partager notre héritage culturel commun, et apportera sa contribution à comprendre l’histoire et les modes de vie de cette cité romaine pratiquement détruite et ensevelie sous les cendres lors de l’éruption du Vésuve en 79 avant J-C. » indique Bernard Ourghanlian, Directeur technique et sécurité de Microsoft France.

Je vous invite à découvrir la démonstration, assez impressionnante, de cette modélisation 3D de Pompéi en vidéo (à regarder à partir de 2:02:19)

Cliquez ici pour en savoir plus sur le projet Digital Pompéi

Turquie : de nouvelles mosaïques découvertes à Zeugma

Turquie : de nouvelles mosaïques découvertes à Zeugma

AA Photos

11 novembre 2014 – Les archéologues ont mis au jour trois nouvelles mosaïques lors de fouilles de la ville antique de Zeugma, située dans l’actuelle Turquie.

La cité de Zeugma fut fondée vers 300 avant notre ère par Séleucos Ier, général macédonien sous Alexandre le Grand et fondateur de la dynastie des Séleucides. Elle fut conquise par les Romains en 64 avant J.C. qui lui donnèrent le nom de Zeugma signifiant « pont », « liaison » en référence à sa position stratégique entre les deux rives du fleuve Euphrate. Située au carrefour d’une des plus importantes routes commerciales de l’antiquité, Zeugma constitua une ville clé de l’Empire romain d’Orient. Détruite en 256 par Shapur 1er, roi sassanide, elle survécut malgré tout sous la période byzantine avant d’être définitivement abandonnée au XIème siècle.

Cette période de fouilles s’achève à présent pour laisser place à la restauration et la conservation des vestiges découverts. Selon les archéologues, Zeugma aurait abrité 2000 à 3000 maisons et 25 seraient encore sous les eaux. En effet, la construction du barrage de Birecik dans les années 70 a tristement conduit à la noyade d’une partie du site archéologique de Zeugma.

En savoir plus sur le site d’Hurriyet Daily News

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Rome antique : le plomb, un problème majeur de santé publique?

Rome antique : le plomb, un problème majeur de santé publique?

27 avril 2014 – Le saturnisme (maladie due à une intoxication chronique par l’absorption de plomb provoquant notamment un risque de retard mental chez les enfants, troubles neurologiques, cancers, etc.) a longtemps été considéré comme étant en partie responsable de la chute de l’Empire romain. Inconscients du danger, les Romains utilisaient en effet du plomb dans leur système de canalisation et de distribution de l’eau courante. Si plusieurs études ont contesté cette hypothèse, le plomb n’en demeure pas moins considéré comme un problème majeur de santé publique pour les Romains. Une équipe pluridisciplinaire de chercheurs lyonnais (impliquant notamment le CNRS et l’INSU) s’est également penchée sur la question en tentant de mesurer l’impact de la présence de plomb dans l’eau sur la santé des habitants de la Rome antique.

En mesurant les compositions isotopiques du plomb dans les sédiments du bassin portuaire de la Rome impériale (Portus) et du Tibre (fleuve de Rome) et en s’appuyant sur des échantillons de tuyaux de plomb issus de canalisations de la Rome antique, les scientifiques ont mesuré le risque que la présence de plomb dans l’eau constituait pour les Romains. Les résultats de cette étude ont révélé la présence d’une forte contamination au plomb dans les eaux du Tibre durant le Haut-Empire romain et le Haut Moyen Âge. L’eau courante de la Rome antique contenait selon les chercheurs jusqu’à 100 fois plus de plomb que les eaux des sources locales. Cette pollution provenant des tuyaux de canalisation de Rome aurait multiplié par deux les teneurs en plomb par rapport à celles naturellement présentes dans les eaux du Tibre. Pourtant, cette pollution n’aurait pas été suffisamment élevée pour présenter un risque majeur pour la santé des Romains.

Cette étude fait également du plomb un traceur de l’histoire de Rome. Les scientifiques ont ainsi mis en évidence des discontinuités du signal isotopique du plomb identifié dans les dépôts sédimentaires étudiés, qui correspondraient à des événements historiques majeurs de Rome. Les chercheurs auraient ainsi détecté le signal de l’apogée de l’Empire romain au Haut-Empire, les premiers troubles du Bas-Empire, les guerres gothiques du Haut Moyen Âge et des raids sarrasins au IXème siècle. Enfin, l’étude a permis d’identifier l’origine géologique des minerais de plomb présents dans les canalisations. Les résultats viennent ainsi appuyer l’importance de l’exploitation des mines d’Europe occidentale durant le Haut-Empire romain.

Source : Actualités du CNRS-INSU, en savoir plus en cliquant ici

Découverte d’un corridor romain dans l’antique cité de Metropolis en Turquie

Découverte d’un corridor romain dans l’antique cité de Metropolis en Turquie

Agora d’Izmir en Turquie

16 novembre 2013 – Un couloir romain de 40 mètres de long vient d’être mis au jour par les archéologues dans l’antique cité de Metropolis située sur la côté égéenne de la Turquie, près de la ville d’Izmir. Selon les archéologues, ce corridor aurait pu être utilisé par les domestiques travaillant dans les bains romains. Cette découverte devrait apporter de nouveaux indices sur le mode de vie des habitants de la cité antique il y a plus de 2000 ans.

Des empreintes de pieds d’un homme et d’une chèvre auraient également été découvertes dans la zone de fouilles. « Nous pensons que ces empreintes appartenaient à une chèvre qui se serait introduite dans la zone de construction avant que la substance déposée sur le sol ne s’assèche, et qu’un homme lui aurait couru après » , indique le professeur Serdar Aybek, responsable des fouilles et dirigeant du département d’archéologie de l’université Celal Bayar.

Le site de Metropolis fouillé depuis 23 ans continue de révéler ses secrets et chaque année de nouvelles découvertes archéologiques sont réalisées. Ce site porte les traces des différentes civilisations qui l’ont occupé ; Hellénistes, Romains, Byzantins et Ottomans.

Découverte d'un corridor romain à Metropolis en Turquie DHA Photo

Découverte d’un corridor romain à Metropolis en Turquie DHA Photo

En savoir plus sur cette découverte sur Hurriyetdailynews.com 

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