Category Archives: Actualité

Corse : découverte d’une tombe étrusque de 2400 ans

Corse : découverte d’une tombe étrusque de 2400 ans

31 Mars 2019 – Les archéologues de l’Inrap viennent de faire une formidable découverte en Corse. Une tombe étrusque, inviolée, vient d’être excavée à Aleria-Lamajone (Haute-Corse) au sein d’une nécropole étrusque et romaine.

La fouille de la nécropole a débuté en 2018. Elle a révélé 130 sépultures à l’exceptionnel état de conservation. Exceptionnel, compte tenu de l’acidité des sols en Corse. Plusieurs pratiques funéraires caractérisent ces sépultures. Inhumations en fosse, en coffrage de maçonnerie, sépultures en coffrage de bois cloutés, bûchers funéraires, etc. Les archéologues ont également découvert plus deux cents objets dont des bijoux et une centaine de vases complets, datés du IVe siècle avant notre ère jusqu’au IIIe siècle de notre ère.

@Denis Glicksman, Inrap – La tombe étrusque et son escalier

Une tombe étrusque inviolée

Parmi ces sépultures, les archéologues ont mis au jour une chambre funéraire souterraine étrusque. Ce type de tombe était normalement destiné à des personnages de haut rang.

On y accède via un petit escalier et un couloir de 6 mètres de long. La chambre de plus de deux mètres de profondeur est encore intacte.

À ce jour, la fouille a livré plusieurs artefacts dont trois coupes à vernis noir et ce qui pourraient être des miroirs. Deux skyphoi, sorte de gobelets à grandes anses, ont été découverts à proximité du crâne d’un individu.

Impossible pour l’heure de savoir le sexe ou l’âge du défunt. Néanmoins, les archéologues ont pu dater la sépulture au IVe siècle avant notre ère grâce au mobilier funéraire. Les archéologues devront poursuivre la fouille pour en apprendre plus.

La Corse et les Etrusques

Ile méditerranéenne, la Corse a toujours joué été l’objet d’intérêts commerciaux grecs, étrusques et carthaginois. Entre 500 avant notre ère et la conquête romaine de l’île (259 avant notre ère) la Corse témoigne, non seulement des relations privilégiées avec l’Étrurie, mais également de la présence stable d’une population étrusque.

Cette découverte devrait permettre aux historiens d’en apprendre plus sur les étrusques. Cette civilisation se développa sur le territoire correspondant aujourd’hui à l’Italie avant d’être absorbée par l’empire romain vers 400 avant J.C. Mais ce peuple n’a en effet laissé que peu de traces derrière lui.

En savoir plus sur le site de l’Inrap

Bague retrouvée dans une des sépultures de la nécropole. Datée entre la fin du Ier siècle et le début du IIIème siècle. Elle semble représenter un chat jouant avec une pelote.
@Pascal Druelle, Inrap – Bague retrouvée dans une des sépultures de la nécropole. Datée entre la fin du Ier siècle et le début du IIIème siècle. Elle semble représenter un chat jouant avec une pelote.

Pompéi, découverte d’une nouvelle fresque représentant Narcisse

Pompéi, découverte d’une nouvelle fresque représentant Narcisse

16 Février 2019 – Pompéi est loin de nous avoir livré tous ses secrets. Les archéologues viennent de mettre au jour une nouvelle fresque dans une riche villa. Restée prisonnière des cendres pendant près de 2000 ans, cette peinture représente Narcisse, célèbre personnage de la mythologie grecque.

Peint dans l’atrium, pièce principale de la villa, Narcisse est positionné au centre d’une fresque murale aux couleurs oranges et rouges foncées. On peut le voir admirant son reflet dans l’eau d’une rivière. Il est accompagné d’un chien et d’un autre homme qui pourrait être Cupidon, le dieu de l’amour.

En pour cause. Dans la mythologie grecque et romaine, Narcisse est un jeune homme d’une incroyable beauté. Il repousse de nombreux prétendants dont la nymphe Écho. Furieuse, elle en appela à Némésis, déesse de la colère et du châtiment. La vengeance de la nymphe éconduite fut terrible. Alors que Narcisse se promène en forêt, il est pris d’une soif et s’abaisse pour boire de l’eau. Il tombe alors amoureux de son propre reflet. Ne parvenant plus à se relever, condamné à s’admirer sans fin, il finit par mourrir.

Les couleurs éclatantes de la fresque laissent penser que la décoration de la villa fut réalisée dans les dernières années de la cité, avant qu’elle ne soit détruite par l’éruption volcanique en 79 de notre ère.

Au mois de novembre 2018, une fresque mettant en scène Léda et Zeus ayant pris la forme d’un cygne avait déjà été mise au jour dans la chambre de la même villa.

Pour en savoir plus : Parc archéologique de Pompéi

Nouvelle fresque mise au jour à Pompéi

Elément de la fresque murale mise au jour à Pompéi dans l’atrium de la villa.

Fresque de Léda et Zeus, Pompéi

Fresque de Léda et Zeus, Pompéi

Egypte antique: les statues d’un couple volontairement vandalisées

Egypte antique: les statues d’un couple volontairement vandalisées

Credit: ©GM – Tell Edfu Project 2018

19 Janvier 2019 – Les sculptures d’un homme et d’une femme ont été mises au jour par des chercheurs de l’université de Chicago, à Tell Edfu dans le sud de l’Egypte. Vielles de 3500 ans, elles présentent la particularité d’avoir été volontairement endommagées, sans doute dans le but de nuire au couple dans sa vie après la mort. 

Les visages du couple ainsi que les hiéroglyphes ont en effet été détériorés pendant l’antiquité. Or dans l’Egypte antique, effacer le nom d’une personne revenait non seulement à faire disparaitre sa mémoire mais aussi à compromettre sa vie dans l’au-delà. La croyance en la vie après la mort était si forte, que l’on peut imaginer que la personne ayant vandalisé les statues devait sérieusement en vouloir à ses propriétaires.

La sculpture a été excavée par les archéologues dans une ancienne villa d’environ 367 m2, construite entre 1500 et 1450 avant notre ère. Les sculptures servaient probablement au culte des ancêtres des habitants de cette villa. 

En savoir plus sur LiveScience.com et Chicago University

10 impressionnantes découvertes archéologiques en 2018

10 impressionnantes découvertes archéologiques en 2018

Mohamed Abd El Ghany / Reuters

13  Janvier 2019 – En cette nouvelle année 2019, je vous propose de revenir sur les découvertes qui ont marqué le monde de l’archéologie en 2018. Italie, Egypte, ou encore Pérou, les chercheurs auront vu leurs efforts récompensés. Espérons que l’année à venir soit aussi riche en découvertes archéologiques.

Une tombe intacte de 2300 ans découverte à Rome

Une tombe intacte de 2300 ans découverte à Rome

Crédit photo: Soprintendenza Speciale Archeologia, Belle Arti e Paesaggio di Roma

L’Italie aura été particulièrement gâtée en découvertes. Pour commencer, un exceptionnel tombeau fut mis au jour près de Rome cet été. Ce caveau remontant au IVème siècle avant J.C. a en effet été retrouvé intacte, ce qui est rare. Il abritait les squelettes de trois hommes et d’une femme. Ils étaient accompagnés de céramiques (assiettes, bols et amphores).

Selon la Surintendance Spéciale d’Archéologie de Rome, la tombe daterait de l’époque de la République romaine. Une pièce de monnaie en bronze a en effet été retrouvée près d’un des squelettes. Sa date est estimée entre 335 et 312 avant notre ère. La tombe contenait également deux racloirs en fer utilisés par les Romains pour enlever la sueur. 

Chose curieuse, les Romains avaient plutôt pour habitude d’incinérer leurs morts. Cette tombe, ainsi que d’autres mises au jour similaires au cours de ces dernières décennies, confirme ainsi que l’inhumation était aussi pratiquée.

Pour en savoir plus: National Geographic et Sciences et Avenir

Pompéi: l’éruption du Vésuve aurait eu lieu en Octobre et non au mois d’Août

Eruption de Pompeii en Octobre

Crédit photo: Parco Archeologico di Pompei

Alors que la destruction de Pompéi est généralement datée au 24 août 79 (selon les écrits de Pline le Jeune, témoin de la catastrophe), la découverte d’un graffiti est venue remettre au cause cette date. Tracée au charbon sur le mur d’une villa, l’inscription indique en effet « XVI K NOV ». Il s’agit du « 16ème jour avant les calendes de novembre », soit le 17 Octobre.

D’autres découvertes avaient déjà permis d’estimer que l’éruption avait eu lieu en automne. Les archéologues ont en effet mis au jour des branches contenant des fruits d’automne, des pépins de raisins indiquant que les vendanges étaient terminées et des braseros. 

Mais alors comment expliquer la date mentionnée par Pline le Jeune? Il pourrait s’agir d’une simple erreur de copie des écrits de Pline le Jeune. L’hypothèse est d’autant plus plausible que des épigraphistes ont récemment retrouvé d’autres copies dont certaines mentionnaient le neuvième jour avant les calendes de novembre et non pas celles de septembre.

En savoir plus: Lemonde.fr et Nouvelobs.com

Pompéi: découverte d’une nouvelle fresque

Fresque de Leda, Pompéi

© Cesare Abbate/PHOTOSHOT/MAXPPP

Nous restons à Pompéi pour cette sélection de découvertes archéologiques. Quelques semaines après la mise au jour du graffiti remettant en question la date d’éruption du Vésuve, c’est une nouvelle fresque qui fut excavée.

Retrouvée sur le mur d’une chambre à coucher, la fresque représente la reine de Sparte, Léda, nue avec Jupiter ayant pris la forme d’un cygne pour la séduire. La fresque montre également la pauvre reine se soumettant au devoir conjugal avec son époux, le roi Tyndare. Léda aurait ensuite pondu deux œufs d’où sortirent Hélène, qui sera à l’origine de la guerre de Troie, Clytemnestre, future épouse d’Agamemnon et les jumeaux Castor et Pollux.

En savoir plus: Lemonde.fr

Civilisation Maya: l’étendu de complexes vestiges confirmée

Reconstitution de la pyramide détectée à Tikal

Reconstitution de la pyramide détectée à Tikal © PACUNAM

Nous quittons l’Italie pour l’Amérique Centrale, et plus précisément le Guatemala. En Janvier dernier, des milliers de ruines mayas inconnues ont été détectées dans la jungle du Guatemala, montrant l’ampleur insoupçonnée des interconnexions entre cités.

Cachées sour la végétation, ces ruines ont pu être mises au jour grâce a la technologie Lidar (un système qui fit également ses preuves sur le site archéologique d’Angkor au Cambodge). Des palais, des pyramides (dont une haute de 30 mètres détectée à Tikal), des centres cérémoniels, mais aussi des parcelles agraires et des habitations ont été découvertes.

Le lidar a aussi mis en évidence des centres urbains, des réservoirs, fortifications, des systèmes d’irrigations et d’autres éléments urbains comme des chaussées surélevées pouvant être utilisées pendant la saison des pluies.

En savoir plus: Sciences et Avenir

De nouveaux géoglyphes au Pérou

Nouvelle découverte de géoglyphes au Pérou

Johny Isla/Luis Jaime Castillo Butters

Déjà connu pour ses célèbres géoglyphes de Nazca, le Pérou a révélé aux archéologues d’autres mystérieuses et géantes figures dessinées sur le sol. Découverts à 400 kilomètres au sud de Lima, ces dessins représentent des silhouettes humaines, mais aussi des formes géométriques ; des lignes, des trapèzes, des triangles, et des spirales. 

Les géoglyphes ne sont pas un phénomènes nouveaux au Pérou. Des centaines de ces dessins géants ont été tracés en l’espace de 1500 ans en grattant les couches supérieures du sol pour faire ressortir les strates de gypse plus claires.

Si le rôle de ces géoglyphes reste encore un mystère, la découverte récentes de petits autels et d’offrandes près des dessins ont donné lieu à une nouvelle théorie: les géoglyphes seraient liés à des rituels pour faire tomber la pluie. Les chercheurs ont également observé une multiplication de ces dessins au VIème siècle, période de grande sécheresse.

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6. Des tombes incas découvertes au Pérou

Potterie découverte sur le site archéologique de Tucume au Pérou - Reuter/Guadalupe Pardo

Poterie découverte sur le site archéologique de Tucume au Pérou – Reuter/Guadalupe Pardo

Nous restons au Pérou où les archéologues ont découvert de nouvelles sépultures sur un important site funéraire inca. Quatorze tombes abritant des restes humains et des poteries accompagnant les défunts, ont ainsi été exhumés sur le site archéologique de Tucume au Pérou.

Ces tombes étaient situées à l’intérieur d’une pyramide dite ‘des abeilles’ (Huaca de la Abejas) et pourraient avoir près de 500 ans. Leur découverte vient s’ajouter à celle de dix tombes déjà excavées l’année dernière sur le même site.

L’endroit aurait été occupé vers le XIIème siècle par le peuple de Lambayeque, une civilisation pré-incaique aurait était conquise par le royaume Chimú vers le XIVème siècle pour être finalement absorbée par le royaume inca à partir de l’année 1470. Ce site archéologique est aujourd’hui d’une importance capitale, regroupant 26 edifices pyramidaux sur une superficie de 221 hectares.

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7. Egypte: une nouvelle nécropole mise au jour

Petites statues en faïence bleue, les oushebti – REUTERS/Mohamed Abd El Ghany

Nous partons à présent en Egypte où a été mis au jour un cimetière vieux de plus de 2000 ans, situé en Haute-Egypte. Des momies et une quarantaine de sarcophages en calcaire, un millier de petites statue sen faïence bleue, les oushebti, et un collier porte-bonheur portant l’inscription « bonne année » ont été découverts.

Ces tombes appartenaient à des dignitaires religieux et leur famille dont celui de Hersa-Essei, un grand prêtre du dieu Thot, le dieu à tête d’ibis. Sa momie était décorée de perles bleu et rouge et de feuilles en bronze dorées. Quatre vases canopes en albâtre à visages d’Horus, abritant les organes internes momifiés se trouvaient à proximité.

Les tombes de cette nécropole remontent à différentes périodes allant de la Basse époque (750-332 avant J-C) au début de la période ptolémaïque (310 av. J-C à 30 ap. J-C). Selon le ministre des antiquités Egyptienne, « cinq ans de travaux seront nécessaires à l’étude complète de cette nécropole« . D’autres passionnantes découvertes archéologiques sont ainsi encore à envisager.

En savoir plus sur Challenges.fr et lefigaro.fr

8. Egypte toujours, une tombe de 4400 ans découverte

AFP/GETTY IMAGES

La tombe d’un prêtre nommé « Wahtye », au rang élevé, a été découverte en Égypte, sur la vaste nécropole de Saqqara. Elle daterait de la Vème dynastie (entre 2.500 et 2.300 avant notre ère), pendant le règne du Pharaon Néferirkarê (2446 – 2438 avant notre ère), selon le ministère des Antiquités.

La tombe exceptionnellement bien conservée et colorée contient 24 statues sculptures et des bas-reliefs montrant le prêtre avec sa famille. Les statues, dont la taille varie de 1 mètre à taille humaine, représentent des personnes ou des divinités.

En savoir plus sur Sciences et Avenir et BBC

9. Une épave retrouvée de 2400 ans dans la mer noire

BLACK SEA MAP/EEF EXPEDITIONS

Une équipe d’archéologues ont découvert un navire grec antique. Presque entier et dans un relativement bon état de conservation, il fut retrouvé à deux kilomètres de profondeur dans la mer Noire.

Il s’agirait d’un navire marchant, coulé 400 avant notre ère. Chose extrêmement rare, il possédait encore son mât et gouvernail. Le bateau a en effet été retrouvée à une profondeur où l’eau est dépourvue d’oxygène, permettant ainsi la conservation des matières organiques comme le bois.

Cette épave quasi intacte représente donc une mine d’information sur les techniques navales de cette époque.

En savoir plus sur Sciences et Avenir

10. Découverte d’une nécropole gallo-romaine à Macon

Inhumation en coffrage de dalles calcaires. © Inrap, 2018

Inhumation en coffrage de dalles calcaires. © Inrap, 2018

L’Inrap (Institut National de Recherches Archéologiques Préventives) a mené, en août 2018, une fouille archéologique préventive au cœur de la ville de Mâcon. Les fouilles archéologiques ont permis la mise au jour des vestiges de la nécropole dite « des Cordiers », datée de la période antique (Ier-VIe siècles).

Ces vestiges donnent une indication des pratiques funéraires gallo-romaines. Les archéologues ont ainsi découvert des aires de bûchers funéraires, des urnes cinéraires, des sépultures inhumées en coffrage de bois ainsi qu’un imposant sarcophage en pierre.

Anciennement appelée Matisco, cette ville gallo-romaine se développa à la fin du Ier siècle avant notre ère, sous l’impulsion de la conquête de la Gaule. 

En savoir plus sur le site de l’Inrap

La peste présente en Europe il y a plus de 5000 ans

La peste présente en Europe il y a plus de 5000 ans

16 Décembre 2018 – Les plus anciennes traces de peste ont été découvertes en Suède. Elles auraient près de 5000 ans. Un groupe de chercheurs français, danois et suédois de l’université de Gothenburg, ont en effet analysé des squelettes provenant d’une tombe collective située dans le sud de la Suède. Les os appartenaient à des fermiers décédés il y a 4900 ans. Les chercheurs ont identifié des traces ADN de yersinia petis, la bactérie à l’origine de la peste.

Cette découverte montre non seulement que le fléau serait plus ancien que ce que les études montraient jusqu’à présent, mais aussi qu’il serait originaire d’Europe et non d’Asie. Selon les chercheurs, les routes commerciales auraient permis à la bactérie de se déplacer jusqu’en Asie.

Les traces de peste les plus récemment identifiées remontaient en effet à des périodes plus récentes comme l’antiquité ou le Moyen-Age. Au XIVème siècle, la Grande peste Noire emporta un tiers de la population européenne. Alors venu d’Asie, le fléau décima en effet 50 millions d’individus. Cette terrible maladie serait une variante de celle nouvellement identifiée en Suède.

La présence de la peste il y a près de 5000 ans coincide également à un accroissement de population en Europe, suivie d’une chute brutale. C’est aussi à cette période que des inventions capitales furent faites comme la roue, les animaux de trait et la métallurgie. Inventions qui facilitèrent les mouvements de population sur de longues distances.

La pandémie de peste d'Europe en Asie

La pandémie supposée de peste d’Europe en Asie – Université de Gothenburg

En savoir plus:

 »Oldest ever traces of the plague found in Falköping » University de Gothengurg, HENRIK KJELLBERG, 6 Décembre 2018

 »Ancient strain of plague found in Sweden – and it could rewrite history », Thelocal.se, 7 December of 2018

Des tombes incas mises au jour au Pérou

Des tombes incas mises au jour au Pérou

Poterie inca découverte sur le site archéologique de Tucume au Pérou – Reuters/Guadalupe Pardo

9 Juillet 2018 – Une équipe d’archéologues vient de découvrir de nouvelles sépultures sur un important site funéraire inca. Quatorze tombes abritant des restes humains et de superbes poteries accompagnant les défunts, ont ainsi été mises au jour sur le site archéologique de Tucume au Pérou, à l’intérieur d’une pyramide dite ‘des abeilles’ (Huaca de la Abejas). Ces tombes pourraient avoir près de 500 ans. Leur découverte vient s’ajouter à celle de dix tombes déjà excavées l’année dernière sur le même site.

L’équipe d’archéologues a notamment découvert les restes d’hommes en possession de coquilles de spondylus, un mollusque utilisé dans des rituels par les civilisations pré-colombiennes, dans cinq des tombes mises au jour. De couleur rouge, ce coquillage était considéré comme sacré par les Incas. Une des tombes semble avoir abrité un membre de la noblesse. Le corps enterré était en effet délicatement enveloppé dans un linceul de plusieurs couches (dont l’une était matelassée) et reposait sur des céramiques. Les sexes des quatorze corps découverts n’ont pas encore pu être déterminés. 

Du peuple de Lambayeque aux Incas

Le site historique de Tucume est situé à environ 800 kilomètres au nord de Lima, la capitale. L’endroit aurait été occupé vers le XIIème siècle par le peuple de Lambayeque dominant la côte nord du Pérou. Cette civilisation pré-incaique aurait était conquise par le royaume Chimú vers le XIVème siècle pour être finalement absorbée par le royaume inca à partir de l’année 1470. Ce site archéologique est aujourd’hui d’une importance capitale, regroupant 26 edifices pyramidaux sur une superficie de 221 hectares.

Cette découverte vient rappeler la puissance de l’empire inca qui s’étendait autrefois entre les Andes et la côte donnant sur le Pacific, avant d’être conquis par les Espagnols au XVIème siècle.

Pour en savoir plus: Reuters.comLarepublica.pe et lavanguardia.com

Tombe inca découverte sur le site archéologique de Tucume au Pérou - Reuter/Guadalupe Pardo

Tombe inca découverte sur le site archéologique de Tucume au Pérou – Reuters/Guadalupe Pardo

 

Exposition: Le verre, un Moyen Âge inventif

Exposition: Le verre, un Moyen Âge inventif

Décembre 2017 – Vitraux aux couleurs flamboyantes, élégants gobelets à cabochons, perles ou verres d’optiques, le Musée de Cluny nous donne à voir le verre sous toutes ses formes au Moyen-Age avec son exposition ‘Le verre, un Moyen Âge inventif’. A visiter jusqu’au 8 janvier 2018, cette exposition nous fait découvrir les différents usages du verre et l’évolution des techniques de production en Europe et au Moyen-Orient.

 

Vitraux et objects de luxe

Le premier usage du verre au Moyen Âge qui nous vient à l’esprit est sans doute celui du vitrail. L’exposition met ainsi en avant de superbes vitraux aux couleurs essentiellement rouges et bleues. Né de la créativité des verriers mérovingiens vers le Vème siècle, le vitrail connut son avènement avec l’architecture gothique qui se répand au Europe à partir du XIIème siècle. L’effet de lumière généré par les vitraux est une manière de rendre grâce à Dieu.

Sous les Mérovingiens, le verre sert également à fabriquer une vaisselle de luxe. Les tombes mérovingiennes du VIème siècle ont en effet révélé de nombreux objets en verre limpide telles que les cornes à boire.

18 x 32 cm, Bruxelles, Musées Royaux d’Art et d’Histoire de Belgique, © Musées Royaux d’Art et d’Histoire de Belgique, Bruxelles

Corne à boire. 18 x 32 cm, Bruxelles, Musées Royaux d’Art et d’Histoire de Belgique,
© Musées Royaux d’Art et d’Histoire de Belgique, Bruxelles

La fabrication du verre est ensuite réinventée sous les Carolingiens. Des cendres végétales sont utilisées comme fondant ce qui donne au verre un aspect verdâtre tandis qu’en Orient, les verriers produisent un verre transparent (voir la vidéo ci-dessous sur la fabrication du verre). Leur méthode permet par ailleurs de mieux converser le verre dans le temps.

Il faudra attendre le début du XIVème siècle pour que le verre Italien, puis Provençal, commence à rivaliser avec le verre d’Orient. Les artisans créent d’élégants verres à décors de filets bleus. Les Vénitiens sont reconnus pour leurs gobelets émaillés tandis que, dans le nord de la France, les premiers verres à tige font leur apparition.

 

Service archéologique inter-départemental Yvelines / Hauts-de-Seine 21,2 x 13,5 x 13,5 cm © RMN-Grand Palais / Philippe Fuzeau

Verre à tige pleine, XIVe siècle. Service archéologique inter-départemental
Yvelines / Hauts-de-Seine
21,2 x 13,5 x 13,5 cm
© RMN-Grand Palais / Philippe Fuzeau

Le verre au quotidien

Le verre n’apparait qu’au XIVème siècle dans les demeures du Moyen Âge. Il est uniquement utilisé pour le niveau supérieur des fenêtres et est incolore.

Le verre est également utilisé par les médecins. Ces derniers s’en servent pour étudier l’urine de leurs patients et établir un diagnostique basé sur la couleur et l’odeur. L’urologie étant l’un des rares moyens de poser un diagnostic au Moyen Âge, l’urinal de verre devient le symbole du médecin.

Enfin, à la fin du XIIIème siècle, les premières lunettes apparaissent. Composées de deux lentilles convexes, elles sont fixées sur le nez grâce à un système de pince-nez.

L’exposition ‘Le verre, un Moyen Âge inventif’ fait ainsi revivre toute la créativité et l’ingéniosité des artisans verriers du Moyen Âge à travers 150 oeuvres qui sont à admirer au Musée de Cluny jusqu’au 8 janvier.

Tarif: 9 euros

 

Babylone: des tables trigonométriques vielles de 3700 ans

Babylone: des tables trigonométriques vielles de 3700 ans

Credit: UNSW

29 août 2017 – Des chercheurs auraient percé le mystère d’une tablette babylonienne découverte en Irak au début du XXème siècle. Datée aux alentours de 1700 avant J.C. cette tablette présentait d’étranges inscriptions qui ont longtemps fasciné les scientifiques. Selon une équipe de chercheurs de l’Université du New South Wales à Sydney, ces inscriptions seraient des tables de trigonométrie (les mathématiques des triangles).

Cette découverte exceptionnelle implique que les Babyloniens avaient près de 1 000 ans d’avance sur les Grecs et le célèbre théorème de Pythagore. En plus d’être la plus ancienne du monde, cette différente méthode de trigonométrie serait extrêmement précise voire même plus avancée que nos méthodes de calcul modernes, selon les chercheurs. Ces tables auraient pu être utilisées par les architectes pour calculer les angles des bâtiments.

La tablette d’argile mesure 12,7 centimètres de long et 8,8 centimètres de large. Le style d’écriture présente des similarités avec d’autres tablettes babyloniennes ce qui permit aux experts de la dater entre 1822 et 1726 avant notre ère. Cette datation la fait coïncider avec le règne du grand roi Hammurabi (1810-1750 avant J.C.).

Cliquez ici pour en savoir plus.

 

Tombe celte de Lavau: le mobilier funéraire analysé

Tombe celte de Lavau: le mobilier funéraire analysé

© Denis Gliksman, Inrap

3 Juin 2017 – En 2015, l’Inrap (Institut National de Recherches Archéologiques Préventives) avait découvert une tombe princière dans le département de l’Aube. Cette tombe celte du Vème siècle avant notre ère abritait la sépulture d’un homme et avait révélé un extraordinaire mobilier funéraire aux origines celtiques et méditerranéennes. Deux ans plus tard, la tombe continue de livrer ses secrets. Ces précieux objets sont en effet analysés afin de déterminer leur structure, leur mode d’assemblage et la composition des matériaux.

Étendu sur un char à deux roues, le défunt était paré d’un torque et de bracelets en or, d’une fibule et d’une ceinture finement décorées. De la vaisselle accompagnait le défunt: un grand chaudron et une ciste étrusques en bronze (coffre cylindrique), une oenochoé (piché de vin) attique représentant Dionysos allongé sous une vigne, une passoire ou encore un gobelet en argent.

Ce mobilier funéraire n’a pas encore fait l’objet de traitements de conservation et peut donc être soumis à des analyses poussées. Des radiographies ont par exemple révélé des motifs celtiques sur la ceinture tandis que le nettoyage du couteau et de son fourreau ont permis de voir un ornement damasquiné, finement ouvragé de fils de bronze. D’autres analyses permettent d’en savoir plus sur les techniques de métallurgie. Elles révèlent notamment un remarquable travail de fonderie du grand chaudron et de martelage de la ciste faite d’un bronze fortement chargé en étain.

Photographie macroscopique, microscopie 3D numérique et scanners 3D ont quant à eux révélé des techniques d’assemblage et de décoration provenant de différentes civilisations : la Grèce (la céramique attique), probablement l’Étrurie (les décors en or filigranés) et le monde celtique (décor ajouré en argent).

Débutées en 2015, les recherches se poursuivront jusqu’en 2019 au C2RMF, le Centre de Recherche et de Restauration des musées de France.

En savoir plus sur le site de l’Inrap.fr

Superbes mosaïques romaines découvertes à Uzès

Superbes mosaïques romaines découvertes à Uzès

9 avril 2017 – Des archéologues de l’Inrap (Institut national de recherches archéologiques préventives) mettent actuellement au jour une partie de l’histoire d’Uzès, petite ville située dans le Gard près de Nîmes. De remarquables mosaïques romaines ont notamment été exhumées. Cette découverte témoigne du passé antique de la ville, autrefois appelée Ucetia.

L’existence de cette ville romaine n’était jusqu’à présent qu’attestée par le toponyme Ucetia, présent sur une inscription géographique de Nîmes, et par la découverte de quelques rares fragments de mosaïques dans la ville. L’actuel chantier de 4 000 m² a révélé de nombreux vestiges datés de l’époque républicaine (Ier siècle avant notre ère) à la fin de l’Antiquité (VIIe siècle), et plus rarement du Moyen-Âge. 

Les archéologues ont ainsi mis au jour un vaste bâtiment de 250 m². Il pourrait s’agir d’un édifice public qui aurait perduré jusqu’à la fin du Ier siècle de notre ère. Il comporte notamment une grande salle de 60 m² dont le sol est recouvert d’un magnifique pavement mosaïqué. Quatre animaux, hibou, canard, aigle et faon, encadrent un délicat ensemble de cercles et de rayons.  

Motif central de la mosaïque (seconde moitié du Ier siècle avant notre ère) découverte dans un probable bâtiment public.

© Bertrand Houix, Inrap 2017

Les vestiges d’une domus du Haut-Empire de plus de 500 m² ont aussi été mis au jour. Une des pièces a livré un autre sublime décor mosaïqué formé de motifs carrés entourés de quatre curieux dauphins.

Selon les chercheurs, ce secteur pourrait avoir été assidument fréquenté jusqu’à la fin de l’Antiquité, entre les Vème et VIIème siècles. Les archéologues viennent d’engager de nouvelles fouilles sur un autre secteur qui révèlent également des occupations antiques et médiévales dont deux chaussées et un carrefour, abandonnés au début du IIe siècle de notre ère.

En savoir plus sur le site de l’Inrap.

Mosaique à dauphin - Uzès

Mosaïque aux dauphins – Site archéologique d’Uzès © Yoann Pascal, Inrap 2017

Mosaïque romaine d'Uzès - Aigle

Mosaïque romaine d’Uzès – Aigle