Category Archives: Actualité

Tombe celte de Lavau: le mobilier funéraire analysé

Tombe celte de Lavau: le mobilier funéraire analysé

© Denis Gliksman, Inrap

3 Juin 2017 – En 2015, l’Inrap (Institut National de Recherches Archéologiques Préventives) avait découvert une tombe princière dans le département de l’Aube. Cette tombe celte du Vème siècle avant notre ère abritait la sépulture d’un homme et avait révélé un extraordinaire mobilier funéraire aux origines celtiques et méditerranéennes. Deux ans plus tard, la tombe continue de livrer ses secrets. Ces précieux objets sont en effet analysés afin de déterminer leur structure, leur mode d’assemblage et la composition des matériaux.

Étendu sur un char à deux roues, le défunt était paré d’un torque et de bracelets en or, d’une fibule et d’une ceinture finement décorées. De la vaisselle accompagnait le défunt: un grand chaudron et une ciste étrusques en bronze (coffre cylindrique), une oenochoé (piché de vin) attique représentant Dionysos allongé sous une vigne, une passoire ou encore un gobelet en argent.

Ce mobilier funéraire n’a pas encore fait l’objet de traitements de conservation et peut donc être soumis à des analyses poussées. Des radiographies ont par exemple révélé des motifs celtiques sur la ceinture tandis que le nettoyage du couteau et de son fourreau ont permis de voir un ornement damasquiné, finement ouvragé de fils de bronze. D’autres analyses permettent d’en savoir plus sur les techniques de métallurgie. Elles révèlent notamment un remarquable travail de fonderie du grand chaudron et de martelage de la ciste faite d’un bronze fortement chargé en étain.

Photographie macroscopique, microscopie 3D numérique et scanners 3D ont quant à eux révélé des techniques d’assemblage et de décoration provenant de différentes civilisations : la Grèce (la céramique attique), probablement l’Étrurie (les décors en or filigranés) et le monde celtique (décor ajouré en argent).

Débutées en 2015, les recherches se poursuivront jusqu’en 2019 au C2RMF, le Centre de Recherche et de Restauration des musées de France.

En savoir plus sur le site de l’Inrap.fr

Superbes mosaïques romaines découvertes à Uzès

Superbes mosaïques romaines découvertes à Uzès

9 avril 2017 – Des archéologues de l’Inrap (Institut national de recherches archéologiques préventives) mettent actuellement au jour une partie de l’histoire d’Uzès, petite ville située dans le Gard près de Nîmes. De remarquables mosaïques romaines ont notamment été exhumées. Cette découverte témoigne du passé antique de la ville, autrefois appelée Ucetia.

L’existence de cette ville romaine n’était jusqu’à présent qu’attestée par le toponyme Ucetia, présent sur une inscription géographique de Nîmes, et par la découverte de quelques rares fragments de mosaïques dans la ville. L’actuel chantier de 4 000 m² a révélé de nombreux vestiges datés de l’époque républicaine (Ier siècle avant notre ère) à la fin de l’Antiquité (VIIe siècle), et plus rarement du Moyen-Âge. 

Les archéologues ont ainsi mis au jour un vaste bâtiment de 250 m². Il pourrait s’agir d’un édifice public qui aurait perduré jusqu’à la fin du Ier siècle de notre ère. Il comporte notamment une grande salle de 60 m² dont le sol est recouvert d’un magnifique pavement mosaïqué. Quatre animaux, hibou, canard, aigle et faon, encadrent un délicat ensemble de cercles et de rayons.  

Motif central de la mosaïque (seconde moitié du Ier siècle avant notre ère) découverte dans un probable bâtiment public.

© Bertrand Houix, Inrap 2017

Les vestiges d’une domus du Haut-Empire de plus de 500 m² ont aussi été mis au jour. Une des pièces a livré un autre sublime décor mosaïqué formé de motifs carrés entourés de quatre curieux dauphins.

Selon les chercheurs, ce secteur pourrait avoir été assidument fréquenté jusqu’à la fin de l’Antiquité, entre les Vème et VIIème siècles. Les archéologues viennent d’engager de nouvelles fouilles sur un autre secteur qui révèlent également des occupations antiques et médiévales dont deux chaussées et un carrefour, abandonnés au début du IIe siècle de notre ère.

En savoir plus sur le site de l’Inrap.

Mosaique à dauphin - Uzès

Mosaïque aux dauphins – Site archéologique d’Uzès © Yoann Pascal, Inrap 2017

Mosaïque romaine d'Uzès - Aigle

Mosaïque romaine d’Uzès – Aigle

 

Mont-Saint-Michel: découverte d’un cimetière paroissial

Mont-Saint-Michel: découverte d’un cimetière paroissial

29 janvier 2017 – L’Inrap (Institut national de recherches archéologiques préventives) a réalisé de nouvelles fouilles archéologiques au Mont-Saint-Michel, permettant d’en savoir plus sur son histoire. En 2005, les archéologues de l’Inrap avaient déjà mis au jour des moules destinés à la fabrication d’enseignes de pèlerinage. Puis, en 2011, furent découverts les vestiges d’une tour des fortifications, la tour Denis (édifiée vers 1479 et détruite en 1732). Aujourd’hui, la recherche de fortifications du XIIIème siècle a révélé la présence inattendue d’un cimetière paroissial.

Les fortifications disparues du XIIIème siècle

Initialement, les archéologues de l’Inrap recherchaient aux abords de l’église paroissiale, les fortifications du XIIIème siècle et la porte du village, mentionnés dans un texte du XVème siècle.

Au début du XIIIème siècle, le duc de Normandie et le roi de France, Philippe-Auguste, entrèrent en guerre. En 1204, les Bretons, alliés de Philippe-Auguste, firent le siège du Mont-Saint-Michel et mirent le feu au village et à l’abbaye. Une attaque facilitée par l’absence de murailles. En 1256, une enceinte en pierre fut édifiée. C’est cette enceinte que les archéologues auraient découverte.

Mise au jour du cimetière

Les fouilles ont également révélé la présence du cimetière paroissial qui aurait été détruit en 1913. À l’origine, ce cimetière s’étendait sur un rayon de 30 mètres environ autour de l’église. Endommagées et incomplètes pour la plupart, les sépultures sauvegardées permettent néanmoins aux anthropologues de recueillir de précieuses informations sur l’organisation des inhumations.

Des datations au carbone 14 et des études archéo-anthropologiques permettront une meilleure datation et la détermination de l’âge, du sexe et des éventuelles maladies ou des carences des défunts. Ces données offriront ainsi un aperçu de la population du village du Mont-Saint-Michel avant le XIIIème siècle.

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Au total, les archéologues ont mis au jour une trentaine de sépultures, sur plusieurs niveaux. © Emmanuelle Collado, Inrap

Mise au jour d’une trentaine de sépultures, sur plusieurs niveaux. © Emmanuelle Collado, Inrap

Exposition Barbie: histoire d’une poupée controversée

Exposition Barbie: histoire d’une poupée controversée

13 août 2016Le Musée des arts décoratifs de Paris accueille jusqu’au 18 septembre une exposition pour le moins originale dédiée à Barbie, poupée iconique aussi universellement célèbre que décriée. Cette exposition très bien réalisée nous plonge non seulement dans nos souvenirs d’enfance (du moins pour ma part) mais nous fait aussi découvrir l’histoire de Barbie en nous livrant une passionnante analyse sociologique des époques où elle évolue.

Crée à la fin des années 50 par Ruth Handler, Barbie arrive pour la première fois en magasin en 1959. Le succès est immédiat. Ce jouet constitue alors une véritable révolution. Cette poupée sexy et dotée de seins va à l’encontre des habituels poupons et baigneurs destinés à être cajolés par de petites filles apprenant leur futur rôle de mère. Barbie est une femme indépendante et permet d’imaginer une vie de femme qui ne se limite pas à la maternité.

Barbie est libre et s’assume mais elle est aussi mannequin et icône de mode. Son aspect filiforme, sa chevelure blonde, ses yeux bleus et ses tenues parfois vulgaires ont fait de Barbie un jouet très controversé. Mattel s’est pourtant attaché à créer différents modèles de Barbie prenant en compte la diversité des individus et l’évolution de la société. En 1968, en pleine lutte interraciale aux Etats-Unis, Mattel lance une poupée afro-américaine. Barbie est aussi une femme qui travaille et qui peut aussi bien être chirurgienne, hôtesse de l’air, astronaute ou bien même développeuse depuis juin 2016. Récemment, la nouvelle ligne de Barbie Fashionista affiche une variété de visages, de couleurs de peau, d’yeux, de cheveux et offrent quatre silhouettes portant des vêtements plus distingués.

Cette exposition et ses 700 poupées Barbie nous plongent ainsi au coeur de l’American way of life des années 50 et 60, nous emmène dans les coulisses de fabrication de Barbie et retrace l’évolution, au rythme des avancées sociétales, de ce jouet qui a marqué l’enfance de millions de petites filles.

Musée des Arts Décoratifs: 107, rue de Rivoli – 75001 Paris – Jusqu’au 18 septembre 2016

Tarif: 11 euros par personne (plein tarif).

Horairesdu mardi au dimanche de 11h à 18h / Nocturne jusqu’à 21h le jeudi. 

Barbie n'est pas juste une bimbo, elle pratique aussi différents métiers.

Barbie n’est pas juste une bimbo, elle pratique aussi différents métiers. Exposition Barbie.

Civilisation de l’Indus: les origines du déclin

Civilisation de l’Indus: les origines du déclin

5 juin 2016 – Une récente étude conduite par des chercheurs indiens avance une nouvelle théorie expliquant le déclin de la civilisation de la vallée de l’Indus. L’étude révèle également que cette civilisation de l’âge du bronze qui occupait le nord-ouest de l’Inde et l’actuel Pakistan serait encore plus ancienne que ce que l’on pensait: elle aurait au moins 8000 ans selon les tests au carbone 14 effectués par les chercheurs. 

Disparue vers 1900 avant notre ère, la civilisation de l’Indus s’était développée autour de centres urbains organisés. Ont ainsi été mises au jour les villes d’Harappa et de Mohenjo-Daro au Pakistan et de Lothal, Dholavira et Kalibangan en Inde. Des épisodes de sécheresses sont souvent mis au cause dans l’effondrement de cette société encore méconnue.

La fouille du sol du site indien de Birrhana a permis aux chercheurs d’élaborer une nouvelle hypothèse. Un changement de pratiques agricoles pour faire face au changement climatique serait à l’origine de la régression de la civilisation de l’Indus. Les agriculteurs auraient changé leur culture de blé et d’orge pour des céréales plus résistantes à la sécheresse comme le millet.

Ce changement de culture aurait eu des conséquences sur le système de stockage organisés des villes qui aurait été abandonné au profit de cultures individuelles. Cette réorganisation aurait progressivement conduit à une de-urbanisation et un recul des agglomérations.

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Archéologie à Lille : découverte d’un château fort

Archéologie à Lille : découverte d’un château fort

Le logis du XVIème siècle © JP Pepek Balloïde photo, Inrap.

 

18 mars 2016 – Des fouilles archéologiques menées par l’Inrap dans un quartier de Lille, Fives, ont révélé une occupation du site du Ier siècle avant notre ère jusqu’au XVIIIème siècle. Les archéologues ont mis au jour les vestiges d’un château défensif remplacé plus tardivement par une demeure résidentielle. Ces découvertes archéologiques couplées aux archives historiques, permettent d’en savoir plus sur l’histoire mouvementée de la magnifique ville de Lille et sur la vie quotidienne de ses anciens habitants. 

Selon les archéologues, le site aurait été occupé dès le Ier siècle avant J.C. En témoignent la céramique, les ossements d’origine animale et les multiples fosses découvertes dans une terre marécageuse. Le site fut également occupé au Moyen Âge, du XIVème au XVème siècles. Les archéologues ont en effet mis au jour une série de très grandes fosses, probablement à usage artisanal. Il pourrait s’agir de la basse-cour du château de la Phalecque, mentionné dans les archives de l’époque.

Le château de la Phalecque au XVIème siècle

Les fouilles ont révélé un édifice du XVIème à la fonction défensive. Le château était entouré d’un fossé dans lequel les archéologues ont mis au jour des boulets de canon en métal et en pierre portant des traces d’impacts. Cette découverte témoigne des périodes de conflits entre les Flandres et le Royaume de France et de la position vulnérable du château aux portes de Lille. Les archéologues ont également découvert des planches et des pieux en bois qui servaient à stabiliser ce fossé d’enclos. Exceptionnellement bien conservés malgré un environnement assez humide, ces vestiges permettront d’affiner la datation de l’occupation grâce à la dendrochronologie, l’étude des cernes des bois.

De nombreux autres objets ont été exhumés du fossé. Des services de table comprenant des verreries de Venise, des cuillères en argent et des céramiques de Delft (située aux Pays-Bas) ont été mis au jour. Ces superbes objets indiquent le niveau de vie élevé des résidents du château. Enfin, des fragments de vitraux, de poêle à bois domestique, des éléments de pompe à bras pour puiser l’eau, des carreaux de pavements décorés, des épis de faitage modelés (pièce décorative d’une tige métallique en général placée sur une toiture) ainsi que les nombreux blocs de calcaire sculptés, sont de précieux indices sur le mode de construction du château.

Plat en faïence de Delft du XVIe siècle. © Dominique Bossut, Inrap.

Plat en faïence de Delft du XVIe siècle.
© Dominique Bossut, Inrap.

Cuillère en argent (face et revers) du XVIe siècle. © Dominique Bossut, Inrap.

Cuillère en argent (face et revers) du XVIe siècle.
© Dominique Bossut, Inrap.

Un château résidentiel au XVIIIème siècle

Vers la fin du XVIIème siècle, le château fort fut rasé et réaménagé pour devenir un édifice à la fonction résidentielle. En témoigne la présence d’un jardin et d’une «folie» (maison de plaisance) dans le fond de jardin. Tout comme le petit Trianon de Versailles, la villégiature présentait une rotonde entourée d’un couloir circulaire reliant quatre pièces quadrangulaires réparties en croix.

Lors du dernier siège de Lille par les Autrichiens, en 1792, le château de la Phalecque servit de poste avancé pour les assiégeants et abrita 300 uhlans (cavaliers germaniques armés d’une lance). Le château ne résista malheureusement aux assauts de l’histoire. Pour une meilleure défense de la ville, un no man’s land fut créé autour des remparts du château et la propriété fut définitivement détruite.

En savoir plus sur cette découverte sur le site de l’Inrap et avec cette vidéo: 

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Tombe celte de Lavau, c’est un prince !

Tombe celte de Lavau, c’est un prince !

20 décembre 2015 – En mars dernier, l’Inrap (Institut National de Recherches Archéologiques Préventives) avait mis au jour une tombe princière dans le département de l’Aube. Cette tombe celte datée du début du Vème siècle avant notre ère avait alors révélé un mobilier funéraire exceptionnel (cf. article sur cette découverte). Quant à l’occupant de cette tombe, il s’agissait d’un individu richement paré de bijoux et dont le sexe n’avait pas encore pu être déterminé en raison du mauvais état de conservation des ossements.

Il semblerait que le voile soit à présent levé sur le sexe du défunt. Une étude approfondie du corps permet aux chercheurs d’affirmer qu’il s’agissait d’un homme. Des analyses d’ADN pourront également être menées afin de déterminer de possibles filiations avec d’autres occupants de tombes, à l’exemple de deux sépultures de l’âge du fer qui pourraient potentiellement contenir des ancêtres de notre prince celte. 

Du 18 décembre 2015 au 18 février 2016, une exposition intitulée « Un prince celte dans l’Aube, découverte archéologique majeure en Europe » ouvrira ses portes à Troyes. Réalisée par l’Inrap, présentée en partenariat avec le département de l’Aube et la commune de Lavau, cette exposition a pour but de faire découvrir au public cette extraordinaire découverte, étape par étape.

L’exposition sera ouverte du lundi au vendredi (à l’exception des jours fériés) de 9h à 12h et de 14h à 17h, dans le hall de l’hôtel du Département de l’Aube, à Troyes, 2 rue Pierre Labonde. L’entrée est libre.

En savoir plus sur le site de l’Inrap

Turquie, une intrigante ville souterraine découverte en Cappadoce

Turquie, une intrigante ville souterraine découverte en Cappadoce

AA Photos

28 novembre 2015 – De nouvelles découvertes auraient été faites dans la ville souterraine récemment mise au jour dans la province de Nevşehir en Cappadoce. Cette magnifique région de Turquie est célèbre pour ses incroyables paysages sculptés par l’érosion, ses troglodytes et ses cités souterraines creusées il y a plusieurs millénaires (en savoir plus en cliquant ici). Cette nouvelle ville souterraine aurait pu servir de résidence permanente à ses habitants. Si tel est vraiment le cas, il s’agirait alors d’une découverte capitale puisque les autres villes souterraines de Cappadoce avaient avant tout une fonction défensive et servaient selon les chercheurs de refuge temporaire en cas d’attaque.

Selon Hasan Ünver, maire de Nevşehir, plusieurs découvertes pencheraient en faveur de cette théorie. De longs tunnels suffisamment larges pour laisser passer une voiture ont été mis au jour (découverte annoncée en décembre dernier). Ces tunnels se distingueraient par leur largeur des autres cités souterraines. Ils auraient servi au transport de produits agricoles vers la cité.  Auraient aussi été découverts des espaces s’apparentant à des lieux de vie, des zones où était produite de l’huile de lin et des lieux de culte. Il faudra néanmoins attendre la fin des fouilles pour en savoir plus sur cette hypothèse.

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Le château d'Ushisar

Le château d’Ushisar en Cappadoce

Musée en plein air de Gorëme en Cappadoce, Turquie

Musée en plein air de Gorëme en Cappadoce, Turquie

Un vaste espace funéraire du IV-VIIème s. découvert à Lyon

Un vaste espace funéraire du IV-VIIème s. découvert à Lyon

© Romain Etienne Item, Inrap

17 octobre 2015 – L’Institut national de recherches archéologiques préventives, l’Inrap, a mis au jour un vaste complexe funéraire dans le 5ème arrondissement de Lyon. Cette nécropole aurait été établie entre deux églises paléochrétiennes, Saint-Irénée et Saint-Just, entre le IVème et le VIIème siècle. Le site abriterait près de 600 sépultures qui pourraient nous en apprendre davantage sur les pratiques funéraires de l’époque paléochrétienne.

Cet espace funéraire vieux de 1500 ans est placé sur le versant oriental de la butte dominée par l’église de Saint-Irénée près de la colline de Fourvière. À l’époque romaine, cet endroit était situé à l’extérieur de la ville. À partir du IVème siècle, avec l’édification de l’église Saint-Irénée qui abrite les corps des premiers évêques sanctifiés de Lyon, Saint Irénée et Saint Just, la vocation funéraire du lieu se renforça et s’étendit aux parcelles voisines. Le cimetière perdura jusqu’au VIIème siècle.

Les fouilles ont révélé des pratiques funéraires variées. Les archéologues ont ainsi mis au jour essentiellement des cercueils en bois, mais aussi des sarcophages en pierre faits de demi-cuves accolées, des amphores ayant contenu des nouveau-nés, des coffrages de tuiles et des tombes en pleine terre. Des fragments d’architecture plus anciens ont parfois été réemployés pour la construction de ces sépultures. La cuisse d’une statue en marbre marque ainsi l’emplacement d’une tombe, tandis que la jambe d’une autre sert de calage pour un coffrage de bois. Les archéologues ont également découvert une frise comportant un griffon qui a été retaillée pour la fabrication d’un sarcophage. Quelques fragments d’inscriptions funéraires paléochrétiennes indiquant l’âge ou le nom de défunts ont été retrouvés, sans que les archéologues puissent pour autant les associer précisément à une sépulture.

Les débuts du christianisme au IVème siècle

Les vestiges archéologiques pourraient nous permettre d’en savoir plus sur l’époque paléochrétienne qui n’a laissé que de rares documents historiques derrière elle. En 312, l’empereur Constantin accorda la liberté de culte aux chrétiens par l’édit de Milan. Pour autant, il semblerait que le christianisme ait mis du temps à s’imposer et à remplacer le paganisme dans les anciennes provinces de l’empire romain. Il aurait fallu plus de six siècles pour qu’elles deviennent majoritairement chrétiennes. Si l’Asie Mineure et l’Égypte ont été largement christianisées aux IIIème et IVème siècles, le phénomène aurait été beaucoup plus long en Grèce.

En Gaule, le processus fut progressif. La première référence de l’existence d’une communauté chrétienne est une lettre des chrétiens de Lyon et de Vienne qui raconte la persécution de l’empereur Marc Aurèle à leur égard en 177. C’est seulement à la fin du IVème siècle que l’ensemble des capitales régionales fut pourvu d’un évêque. C’est à partir de la fin du VIème siècle que les chapelles rurales commencèrent à se multiplier, montrant ainsi que la christianisation atteignit les campagnes.

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