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Jess Bontemps
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Carnac : le mystère des alignements de pierres levées

Carnac : le mystère des alignements de pierres levées

Situés en Bretagne dans le Morbihan, les alignements de Carnac font partie des ensembles mégalithiques les plus connus d’Europe. Battues par les vents depuis plusieurs millénaires, ces mystérieuses pierres qui ont alimenté de nombreuses légendes, reposent dans un champs d’herbes folles où viennent brouter quelques chèvres au coucher du soleil. Ces lignes dessinées par d’imposantes pierres aux formes irrégulières, s’étendent sur plus de trois kilomètres. Elles semblent inviter les visiteurs à parcourir le chemin qu’elles tracent, chemin aujourd’hui concurrencé par la route où défilent les voitures. Les alignements de Carnac ont longtemps été attribués aux Gaulois, un mythe encouragé par un célèbre petit gaulois à la moustache jaune. Ces pierres ont pourtant été érigées au Néolithique, il y a près de 5000 ans, soit bien avant les Gaulois. Ces menhirs ont longtemps fait l’objet de légendes et soulèvent encore aujourd’hui de nombreuses questions : comment de simples hommes du Néolithique ont-ils pu ériger ces pierres? Si les chercheurs sont aujourd’hui en mesure de fournir une explication sur leur construction, une autre grande question demeure : à quoi servaient ces pierres?  

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Villes souterraines de Cappadoce : nouvelles découvertes archéologiques

Villes souterraines de Cappadoce : nouvelles découvertes archéologiques

Photo : Couvent de religieuses « Kizlar Manastiri » à Gorëme, Cappadoce, Turquie

24 janvier 2015 – La région de Cappadoce située en Turquie est célèbre pour ses exceptionnels paysages parsemés de roches en forme de cheminées sculptées par l’érosion, pour ses troglodytes mais aussi pour ses cités souterraines creusées il y a plusieurs millénaires (les plus célèbres sont celles de Derinkuyu et Kaymakli). Ces gigantesques cités auraient pu être bâties par les Hittites, un peuple venu du Caucase qui arriva en Anatolie vers 2000 ans avant notre ère. La Cappadoce était une zone stratégique très convoitée. Elle était en effet située au carrefour des routes commerciales reliant les plus importantes régions du monde de l’époque. Détenir la Cappadoce permettait donc de contrôler les richesses qui y transitaient. Nombreux ont été les peuples qui ont tenté de s’en emparer : Romains, Perses, Mongoles etc. Ces invasions progressives auraient pu conduire les habitants à creuser puis à construire des forteresses pour se protéger. Plus tard sous l’empire romain, ces villes servirent d’abris pour les premiers chrétiens fuyant les persécutions. On y a ainsi retrouvé des croix gravées sur les parois ainsi que des baptistaires. Malheureusement, ces villes souterraines demeurent encore bien mystérieuses et rien ne permet d’établir avec certitude l’identité de leurs bâtisseurs.

Récemment, une nouvelle ville souterraine a été mise au jour dans la province de NevşehirIl s’agit d’une découverte archéologique majeure. Cette cité souterraine qui pourrait dater de 5000 ans selon les chercheurs, est située sous la forteresse de Nevşehir construite par les Seldjoukides (dynastie turque du XIe au XIIIème siècle) sur une colline surplombant la ville. Des galeries et des églises auraient été identifiées dans la cité. 

Les archéologues y ont fait d’autres découvertes. Des tunnels de la cité souterraine ont été mis au jour. Ils seraient suffisamment larges pour laisser passer une voiture. Selon les chercheurs, la largeur de ces tunnels pourrait indiquer qu’ils étaient utilisés pour le transport de produits agricoles vers la cité. Par ailleurs, un des tunnels passant en dessous de Nevşehir pouvait conduire à une source d’eau.  

En savoir plus sur cette découverte sur Hurriyet Daily News

En savoir plus sur les villes souterraines de Cappadoce en cliquant ici

Biarritz, passion de l’impératrice Eugénie

Biarritz, passion de l’impératrice Eugénie

Bienvenue à Biarritz ! Si cette ville du Pays Basque est surtout renommée pour le surf et ses superbes plages, Biarritz est en revanche moins connue pour son histoire étroitement liée à l’impératrice Eugénie (1826-1920), épouse de Napoléon III (1808-1873). Je vous propose de découvrir comment le coup de foudre de l’impératrice pour ce qui était à l’époque une terre sauvage, a conduit à jeter les bases d’une ville balnéaire attirant chaque année de nombreux touristes.

Biarritz n’était autrefois qu’un simple village de pêcheurs qui vivait de la chasse à la baleine jusqu’à ce que les cétacés finissent par déserter les côtes, mettant définitivement fin à cette activité en 1686. Se développèrent aux XVIIème et XVIIIème siècles les bains de mer. Réservés au départ à un usage “médical”, des médecins Bayonnais faisaient baigner des malades mentaux. Puis, ces bains de mer auxquels on prêtait des vertus curatives commencèrent à attirer la haute société. C’est sous l’impulsion de l’impératrice Eugénie que Biarritz prit un véritable essor. 

Adepte des bains de mer, Eugénie eut un véritable coup de cœur pour ce paysage parsemé de landes, de dunes et de rochers déchirés par la mer. En juillet 1850, alors qu’elle se baignait dans une mer houleuse, elle se retrouva rapidement prisonnière des eaux. Deux basques vinrent alors à son secours. Pour autant, l’impératrice ne renonça pas aux bains de mer et aux plages de Biarritz. Bien au contraire. En 1854, le couple impérial fit l’acquisition d’un terrain pour y construire leur résidence d’été. Ils y passeront quasiment tous leurs étés, accompagnés d’une cour réduite à quelques privilégiés. Rapidement, ce qui était un simple village de pêcheurs devint le lieu de rendez-vous de la haute société et des têtes couronnées d’Europe (la reine Isabelle d’Espagne et Léopold Ier, roi des Belges, firent partie des premiers invités). Biarritz connut alors un développement urbain sans précédent. Furent aménagés des infrastructures balnéaires, des promenades, des villas, des palaces, etc. Un essor qui perdura malgré la chute de l’empire de Napoléon III en 1870.  

Pour en savoir plus je vous conseille de lire : Spécial Biarritz – “Biarritz : le diamant impérial de la Côte basque“, Eric Pincas, Historia n°76

Grande plage de Biarritz

Grande plage de Biarritz

Phare Saint-Martin de Biarritz

Phare Saint-Martin de Biarritz

Thomas Becket réfugié à Pontigny avant d’être assassiné

Thomas Becket réfugié à Pontigny avant d’être assassiné

Au cours d’un rapide voyage en Bourgogne dans l’Yonne, j’ai eu l’occasion de m’arrêter à l’abbaye de Pontigny située entre Auxerre et Chablis. Érigée en 1114, l’abbaye de Pontigny qui a fêté ses 900 ans en 2014, est l’une des plus anciennes constructions de l’ordre cistercien (ordre monastique chrétien fondé au XIème siècle et qui acquit un fort niveau d’influence au XIIème siècle). Bénéficiant de solides finances, l’ordre put ériger au XIIème une grande église que l’on peut encore admirer aujourd’hui. 

Au-delà de la beauté de l’édifice, l’abbaye de Pontigny est célèbre pour avoir abrité un illustre personnage fuyant la colère du roi d’Angleterre. Il s’agit de Thomas Becket. Archevêque de Cantorbéry (de 1162 à 1170), il tomba en disgrâce après s’être vivement opposé à Henri II au sujet des privilèges et droits de l’Eglise. Il s’exila en France en 1164 puis il repartit en Angleterre où il fut assassiné dans sa propre église le 29 décembre 1170. Selon les rumeurs, cet assassinat aurait été perpétré sur ordre du roi lui-même. L’archevêque fut canonisé par le pape Alexandre III.

Au cours de cet exil, Thomas Becket se rendit à Sens et à l’abbaye de Pontigny où il resta deux ans. Son passage à Sens est également illustré à l’intérieur même de la cathédrale. S’y trouve en effet un vitrail du XIIIème siècle illustrant les dernières étapes de la vie de Thomas Becket (cf. photo ci-dessous). Y sont notamment représentés son arrivée en Angleterre à Sandwich, son entrée à Cantorbéry et bien sûr son meurtre (en haut à droite).

Vitrail de Thomas Becket - Cathédrale de Sens

Vitrail de Thomas Becket – Cathédrale de Sens

Meurtre d’Arsinoe, soeur de Cléopâtre, à Ephèse

Meurtre d’Arsinoe, soeur de Cléopâtre, à Ephèse

Ephèse, ville antique située dans l’ouest de l’actuelle Turquie, qui fut autrefois grecque puis romaine, pourrait bien avoir été le lieu d’un des assassinats le plus célèbre du monde de l’antiquité, celui d’Arsinoe, la soeur cadette de Cléopâtre.

Nous sommes en 49 avant J.C. Cléopâtre est alors en plein conflit avec son frère et époux Ptolémée XIII, mais également avec sa soeur Arsinoé. Au coeur de la dispute, la lutte de pouvoir et la posture à adopter face à un empire romain plus que jamais conquérant et qui finira tôt ou tard par dominer l’Egypte. Faut-il s’opposer à la soif de conquête de Rome ou bien au contraire tenter de l’amadouer ? Cléopâtre que Ptolémée XIII a envoyé en exil, était plutôt partisane de la seconde solution et réussit à rallier Jules César auprès d’elle. Selon la légende, Cléopâtre serait parvenue à déjouer la surveillance de son frère et à s’introduire auprès de César, alors en Egypte pour régler le conflit royal, en se faisant transporter dans un tapis. Une extravagance qui n’eut sans doute pas manqué de séduire le stratège.

Cette alliance fut perçue comme une véritable trahison par Arsinoe et Ptolémée XIII qui tenta de chasser les Romains hors d’Egypte. En 48 avant notre ère, la garde fidèle au jeune pharaon prit les armes et assiégea le palais où César avait établi ses quartiers. César répliqua en prenant Arsinoe et Ptolémée XIII en otage. Cet épisode est connu sous le nom de “guerre d’Alexandrie”. Mais Arsinoe parvint à s’échapper et elle rejoignit ses partisans qui la proclamèrent reine d’Egypte. Elle lança alors avec ses troupes une attaque contre le phare d’Alexandrie dont César avait pris possession. Il échappa de peu à la mort. Pourtant, la victoire d’Arsinoe fut de courte durée. Les renforts de l’armée romaine parvinrent jusqu’à Alexandrie et capturèrent la jeune reine. Symbole de son triomphe, elle fut ramenée à Rome par César en 46 avant J.C., il la fit défiler enchaînée devant le peuple romain. S’il ne la fit pas exécuter (Arsinoe n’était alors qu’une jeune fille et a pu susciter la pitié du peuple romain), elle aurait en revanche été bannie et envoyée en exil à Ephèse où elle trouva refuge dans le sanctuaire d’Artémis (déesse protectrice de la ville d’Ephèse), auprès du grand prêtre de la déesse. Le temple d’Artémis, septième merveille du monde de l’antiquité, était également connu pour abriter des exilés politiques.

Malgré tout, Arsinoe constituait toujours un danger potentiel pour Cléopâtre. En 41 avant J.C., la reine aurait obtenu avec l’aide de Marc Antoine, suite à la mort de César, qu’elle soit arrachée de cet asile pour être ensuite mise à mort. Cléopâtre aurait également exigé de punir le grand prêtre qui avait recueilli Arsinoe mais le peuple d’Ephèse s’y opposa. Il plaida sa cause auprès de Marc Antoine et obtint gain de cause. La découverte en 1926 d’une tombe comportant des ossements de femme semble corroborer l’hypothèse de l’assassinat d’Arsinoe à Ephèse. Des examens réalisés en 2007 ont par ailleurs permis de dater ces ossements entre 200 et 20 avant notre ère et d’établir qu’ils étaient ceux d’une jeune femme.

Pour en savoir plus sur la ville d’Ephèse, je vous invite à cliquer ici

Pour en savoir plus sur la mort d’Arsinoe je vous conseille :

“Marc-Antoine, dernier prince de l’Orient grec”, François Chamoux, Arthaud, 1986

“Cléopâtre, portrait d’une tueuse”, documentaire réalisé par Paul Elston, 2009

La Crète, à la rencontre de la civilisation minoenne

La Crète, à la rencontre de la civilisation minoenne

Partons en direction de la Crète, cette île grecque empreinte de mythes et de légendes. Berceau du minotaure, refuge de Zeus, elle serait aussi pour certains la légendaire Atlantide. La Crète, une île aux nombreux vestiges archéologiques qui parsèment ses territoires arides et révèlent peu à peu les lointaines traces du passé des Minoens. Cette civilisation de l’âge du bronze peupla l’île il y a plus de 3500 ans. La Crète, une île qui fut successivement aux mains des Byzantins, des Vénitiens, des Turcs et des Grecs. Elle fut aussi un repère de pirates. Sa conquête par Rome fut d’ailleurs en partie motivée par sa lutte contre la piraterie en Méditerranée (69-67 avant J.C.). La Crète, une île où le célèbre héro des guerres puniques et ennemi de Rome, Hanibal, trouva refuge. J’ai eu la chance de parcourir les ruines des plus célèbres palais minoens dont l’incontournable site de Cnossos rendu célèbre par l’archéologue Arthur Evans. J’ai longé les plages de l’île voisine Santorin dont le sable noir rappelle ses origines volcaniques. Je me suis enfoncée dans la grotte où, selon la légende, Zeus aurait grandi caché, à l’abri des velléités meurtrières de son père. J’ai arpenté les rues d’Heraklion et de Rethymnon où les traces du passé vénitien de la Crète s’offrent aux voyageurs. Je vous propose donc de partir à la découverte de la Crète, de son mystérieux passé, de ses légendes et de sa fascinante civilisation antique, les Minoens. 

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A la découverte du palais de Cnossos en Crète

A la découverte du palais de Cnossos en Crète

Découvert au début du XXème siècle par l’archéologue britannique Arthur John Evans, le palais de Cnossos est sans doute le site archéologique le plus emblématique de la Crète. Réaménagé dans les années 30 sous la directive d’Arthur Evans, le site oscille aujourd’hui entre ruines archéologiques et décor de théâtre où se côtoient murs bétonnés et fresques revisitées. Loin de ce curieux mélange des genres, les palais de Phaistos et de Malia offrent davantage d’authenticité. Au milieu d’un paysage sec et aride, parsemé de quelques rares pins et oliviers, ces palais invitent à se perdre dans leurs vestiges à ciel ouvert, accompagné du son des bruyantes cigales. Je vous propose de partir à leur découverte en commençant par le plus célèbre d’entre eux, le palais de Cnossos.

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La Crète, Santorin et la légende de l’Atlantide

La Crète, Santorin et la légende de l’Atlantide

La Crète et son ancienne civilisation, les Minoens, n’en finissent pas d’alimenter les mythes, y compris celui de la légendaire Atlantide. En raison de l’ingéniosité dont surent faire preuve les habitants des îles de Crète et de sa voisine Santorin à l’âge du bronze, plus d’un millénaire avant les Grecs et les Romains, le mythe de l’Atlantide pourrait selon certains chercheurs trouver son origine dans cette région de la Grèce. Une hypothèse par ailleurs renforcée par la terrible explosion volcanique qui frappa l’île de Santorin il a 3600 ans. Ce cataclysme détruisit toute vie sur l’île tandis que les Minoens en Crète durent affronter de gigantesques tsunamis. Il faut dire que ce peuple a de quoi fasciner. Ingénieuse, raffinée, puissance commerciale qui semblait dominer la Méditerranée, la civilisation minoenne devait surement impressionner ses contemporains. Mais que nous dit exactement le fameux mythe de Platon? Pour quelles raisons les Minoens auraient pu inspirer le mythe de la civilisation atlante?

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Crète : histoire des palais de Phaistos, Hagia Triada et Malia

Crète : histoire des palais de Phaistos, Hagia Triada et Malia

Je vous propose de poursuivre notre voyage à la rencontre des Minoens à travers la visite de trois autres palais minoens : Phaistos, Hagia Triada et Malia. Perdus au milieu des plaines et des collines crétoises ou bien dominant une mer Méditerranée d’un bleu turquoise éclatant, ces trois vestiges archéologiques nous offrent un bel héritage de cette civilisation disparue. Moins connus et moins grands que Cnossos, ces trois palais ont cependant davantage d’authenticité à offrir, ayant moins pâti des restaurations au béton armé du XXème siècle. 

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La Crète au coeur des mythes de la Grèce antique

La Crète au coeur des mythes de la Grèce antique

Rivage mythique sur lequel la belle Europe aurait été déposée par son amant Zeus transformé en taureau. Île où aurait régné le roi Minos, fils de Zeus. Royaume cachant au coeur de son légendaire labyrinthe une créature monstrueuse, mi-homme mi-taureau, le minotaure. La Crète semble cristalliser de nombreux mythes grecs. C’est sans compter sur certains théoriciens qui voient en la civilisation minoenne le mystérieux peuple de l’Atlantide. Je vous invite à découvrir ces mythes qui font toute la magie de l’île crétoise.

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