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Jess Bontemps
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Info: Blog sur l'histoire des lieux que j'affectionne, qu'ils soient célèbres ou non, et que j'ai eu l'occasion de visiter au cours de voyages ou autre. Je partage également des actualités sur l'histoire et l'archéologie.
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Thomas Becket réfugié à Pontigny avant d’être assassiné

Thomas Becket réfugié à Pontigny avant d’être assassiné

Au cours d’un rapide voyage en Bourgogne dans l’Yonne, j’ai eu l’occasion de m’arrêter à l’abbaye de Pontigny située entre Auxerre et Chablis. Érigée en 1114, l’abbaye de Pontigny qui a fêté ses 900 ans en 2014, est l’une des plus anciennes constructions de l’ordre cistercien (ordre monastique chrétien fondé au XIème siècle et qui acquit un fort niveau d’influence au XIIème siècle). Bénéficiant de solides finances, l’ordre put ériger au XIIème une grande église que l’on peut encore admirer aujourd’hui. 

Au-delà de la beauté de l’édifice, l’abbaye de Pontigny est célèbre pour avoir abrité un illustre personnage fuyant la colère du roi d’Angleterre. Il s’agit de Thomas Becket. Archevêque de Cantorbéry (de 1162 à 1170), il tomba en disgrâce après s’être vivement opposé à Henri II au sujet des privilèges et droits de l’Eglise. Il s’exila en France en 1164 puis il repartit en Angleterre où il fut assassiné dans sa propre église le 29 décembre 1170. Selon les rumeurs, cet assassinat aurait été perpétré sur ordre du roi lui-même. L’archevêque fut canonisé par le pape Alexandre III.

Au cours de cet exil, Thomas Becket se rendit à Sens et à l’abbaye de Pontigny où il resta deux ans. Son passage à Sens est également illustré à l’intérieur même de la cathédrale. S’y trouve en effet un vitrail du XIIIème siècle illustrant les dernières étapes de la vie de Thomas Becket (cf. photo ci-dessous). Y sont notamment représentés son arrivée en Angleterre à Sandwich, son entrée à Cantorbéry et bien sûr son meurtre (en haut à droite).

Vitrail de Thomas Becket - Cathédrale de Sens

Vitrail de Thomas Becket – Cathédrale de Sens

Meurtre d’Arsinoe, soeur de Cléopâtre, à Ephèse

Meurtre d’Arsinoe, soeur de Cléopâtre, à Ephèse

Ephèse, ville antique située dans l’ouest de l’actuelle Turquie, qui fut autrefois grecque puis romaine, pourrait bien avoir été le lieu d’un des assassinats le plus célèbre du monde de l’antiquité, celui d’Arsinoe, la soeur cadette de Cléopâtre.

Nous sommes en 49 avant J.C. Cléopâtre est alors en plein conflit avec son frère et époux Ptolémée XIII, mais également avec sa soeur Arsinoé. Au coeur de la dispute, la lutte de pouvoir et la posture à adopter face à un empire romain plus que jamais conquérant et qui finira tôt ou tard par dominer l’Egypte. Faut-il s’opposer à la soif de conquête de Rome ou bien au contraire tenter de l’amadouer ? Cléopâtre que Ptolémée XIII a envoyé en exil, était plutôt partisane de la seconde solution et réussit à rallier Jules César auprès d’elle. Selon la légende, Cléopâtre serait parvenue à déjouer la surveillance de son frère et à s’introduire auprès de César, alors en Egypte pour régler le conflit royal, en se faisant transporter dans un tapis. Une extravagance qui n’eut sans doute pas manqué de séduire le stratège.

Cette alliance fut perçue comme une véritable trahison par Arsinoe et Ptolémée XIII qui tenta de chasser les Romains hors d’Egypte. En 48 avant notre ère, la garde fidèle au jeune pharaon prit les armes et assiégea le palais où César avait établi ses quartiers. César répliqua en prenant Arsinoe et Ptolémée XIII en otage. Cet épisode est connu sous le nom de « guerre d’Alexandrie ». Mais Arsinoe parvint à s’échapper et elle rejoignit ses partisans qui la proclamèrent reine d’Egypte. Elle lança alors avec ses troupes une attaque contre le phare d’Alexandrie dont César avait pris possession. Il échappa de peu à la mort. Pourtant, la victoire d’Arsinoe fut de courte durée. Les renforts de l’armée romaine parvinrent jusqu’à Alexandrie et capturèrent la jeune reine. Symbole de son triomphe, elle fut ramenée à Rome par César en 46 avant J.C., il la fit défiler enchaînée devant le peuple romain. S’il ne la fit pas exécuter (Arsinoe n’était alors qu’une jeune fille et a pu susciter la pitié du peuple romain), elle aurait en revanche été bannie et envoyée en exil à Ephèse où elle trouva refuge dans le sanctuaire d’Artémis (déesse protectrice de la ville d’Ephèse), auprès du grand prêtre de la déesse. Le temple d’Artémis, septième merveille du monde de l’antiquité, était également connu pour abriter des exilés politiques.

Malgré tout, Arsinoe constituait toujours un danger potentiel pour Cléopâtre. En 41 avant J.C., la reine aurait obtenu avec l’aide de Marc Antoine, suite à la mort de César, qu’elle soit arrachée de cet asile pour être ensuite mise à mort. Cléopâtre aurait également exigé de punir le grand prêtre qui avait recueilli Arsinoe mais le peuple d’Ephèse s’y opposa. Il plaida sa cause auprès de Marc Antoine et obtint gain de cause. La découverte en 1926 d’une tombe comportant des ossements de femme semble corroborer l’hypothèse de l’assassinat d’Arsinoe à Ephèse. Des examens réalisés en 2007 ont par ailleurs permis de dater ces ossements entre 200 et 20 avant notre ère et d’établir qu’ils étaient ceux d’une jeune femme.

Pour en savoir plus sur la ville d’Ephèse, je vous invite à cliquer ici

Pour en savoir plus sur la mort d’Arsinoe je vous conseille :

« Marc-Antoine, dernier prince de l’Orient grec », François Chamoux, Arthaud, 1986

« Cléopâtre, portrait d’une tueuse », documentaire réalisé par Paul Elston, 2009

La Crète, à la rencontre de la civilisation minoenne

La Crète, à la rencontre de la civilisation minoenne

Partons en direction de la Crète, cette île grecque empreinte de mythes et de légendes. Berceau du minotaure, refuge de Zeus, elle serait aussi pour certains la légendaire Atlantide. La Crète, une île aux nombreux vestiges archéologiques qui parsèment ses territoires arides et révèlent peu à peu les lointaines traces du passé des Minoens. Cette civilisation de l’âge du bronze peupla l’île il y a plus de 3500 ans. La Crète, une île qui fut successivement aux mains des Byzantins, des Vénitiens, des Turcs et des Grecs. Elle fut aussi un repère de pirates. Sa conquête par Rome fut d’ailleurs en partie motivée par sa lutte contre la piraterie en Méditerranée (69-67 avant J.C.). La Crète, une île où le célèbre héro des guerres puniques et ennemi de Rome, Hanibal, trouva refuge. J’ai eu la chance de parcourir les ruines des plus célèbres palais minoens dont l’incontournable site de Cnossos rendu célèbre par l’archéologue Arthur Evans. J’ai longé les plages de l’île voisine Santorin dont le sable noir rappelle ses origines volcaniques. Je me suis enfoncée dans la grotte où, selon la légende, Zeus aurait grandi caché, à l’abri des velléités meurtrières de son père. J’ai arpenté les rues d’Heraklion et de Rethymnon où les traces du passé vénitien de la Crète s’offrent aux voyageurs. Je vous propose donc de partir à la découverte de la Crète, de son mystérieux passé, de ses légendes et de sa fascinante civilisation antique, les Minoens. 

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A la découverte du palais de Cnossos en Crète

A la découverte du palais de Cnossos en Crète

Découvert au début du XXème siècle par l’archéologue britannique Arthur John Evans, le palais de Cnossos est sans doute le site archéologique le plus emblématique de la Crète. Réaménagé dans les années 30 sous la directive d’Arthur Evans, le site oscille aujourd’hui entre ruines archéologiques et décor de théâtre où se côtoient murs bétonnés et fresques revisitées. Loin de ce curieux mélange des genres, les palais de Phaistos et de Malia offrent davantage d’authenticité. Au milieu d’un paysage sec et aride, parsemé de quelques rares pins et oliviers, ces palais invitent à se perdre dans leurs vestiges à ciel ouvert, accompagné du son des bruyantes cigales. Je vous propose de partir à leur découverte en commençant par le plus célèbre d’entre eux, le palais de Cnossos.

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La Crète, Santorin et la légende de l’Atlantide

La Crète, Santorin et la légende de l’Atlantide

La Crète et son ancienne civilisation, les Minoens, n’en finissent pas d’alimenter les mythes, y compris celui de la légendaire Atlantide. En raison de l’ingéniosité dont surent faire preuve les habitants des îles de Crète et de sa voisine Santorin à l’âge du bronze, plus d’un millénaire avant les Grecs et les Romains, le mythe de l’Atlantide pourrait selon certains chercheurs trouver son origine dans cette région de la Grèce. Une hypothèse par ailleurs renforcée par la terrible explosion volcanique qui frappa l’île de Santorin il a 3600 ans. Ce cataclysme détruisit toute vie sur l’île tandis que les Minoens en Crète durent affronter de gigantesques tsunamis. Il faut dire que ce peuple a de quoi fasciner. Ingénieuse, raffinée, puissance commerciale qui semblait dominer la Méditerranée, la civilisation minoenne devait surement impressionner ses contemporains. Mais que nous dit exactement le fameux mythe de Platon? Pour quelles raisons les Minoens auraient pu inspirer le mythe de la civilisation atlante?

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Crète : histoire des palais de Phaistos, Hagia Triada et Malia

Crète : histoire des palais de Phaistos, Hagia Triada et Malia

Je vous propose de poursuivre notre voyage à la rencontre des Minoens à travers la visite de trois autres palais minoens : Phaistos, Hagia Triada et Malia. Perdus au milieu des plaines et des collines crétoises ou bien dominant une mer Méditerranée d’un bleu turquoise éclatant, ces trois vestiges archéologiques nous offrent un bel héritage de cette civilisation disparue. Moins connus et moins grands que Cnossos, ces trois palais ont cependant davantage d’authenticité à offrir, ayant moins pâti des restaurations au béton armé du XXème siècle. 

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La Crète au coeur des mythes de la Grèce antique

La Crète au coeur des mythes de la Grèce antique

Rivage mythique sur lequel la belle Europe aurait été déposée par son amant Zeus transformé en taureau. Île où aurait régné le roi Minos, fils de Zeus. Royaume cachant au coeur de son légendaire labyrinthe une créature monstrueuse, mi-homme mi-taureau, le minotaure. La Crète semble cristalliser de nombreux mythes grecs. C’est sans compter sur certains théoriciens qui voient en la civilisation minoenne le mystérieux peuple de l’Atlantide. Je vous invite à découvrir ces mythes qui font toute la magie de l’île crétoise.

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Voyager au Moyen-Âge : superbe exposition au Musée de Cluny

Voyager au Moyen-Âge : superbe exposition au Musée de Cluny

30 novembre 2014 – Le musée de Cluny (musée national du Moyen-Âge situé dans le superbe hôtel des abbés de Cluny du XVème siècle et dans les anciennes thermes gallo-romaines du Ier et IIème siècle) propose jusqu’au 23 février 2015 une magnifique exposition sur « Voyager au Moyen-Âge ». Abritée dans le frigidarium des thermes gallo-romaines, cette exposition invite les visiteurs à découvrir le voyage au Moyen-Âge sous toutes ses formes. Marchands, pèlerins, nobles, religieux, artistes, l’exposition présente de nombreux objets et témoignages nous permettant de mieux appréhender la manière dont ces hommes et femmes du Moyen-Âge voyageaient.

« Il ne scet rien qui ne va hors » Eustache Deschamps, poëte français du XIVème siècle.

Des objets touchants comme des chaussures, des sacs de voyage, des reliques pour se protéger du danger, des cartes, des lettres de change, des vestiges d’une embarcation en bois destinée au transport de marchandises, nous donnent ainsi une idée de ce à quoi pouvait ressembler un voyage au Moyen-Âge. Parmi les cartes présentées se trouve la table de Peutinger, une impressionnante copie du XIIIème siècle indiquant sur plus de 6 mètres les routes de l’Empire romain, des îles britanniques à l’Asie. Sont aussi exposés des biens liés au confort du voyage tels que les objets de mobilier et de toilette : chandeliers, coffres, peignes, etc. Enfin parmi les objets exposés les plus impressionnants, se trouve une bible gigantesque commandée par un abbé en Angleterre et destinée au Pape Grégoire II mais qui n’atteignit jamais sa destination. On peut aussi découvrir le rouleau des morts de Saint-Bénigne de Dijon utilisé pour annoncer la mort d’un religieux à un réseau d’abbayes et invitant à prier pour son âme.

Des récits, des enluminures nous donnant par exemple un aperçu de Jérusalem au XVème siècle, des gravures et des peintures complètent ce panorama du voyage médiéval et nous permettent de mieux comprendre les motivations de ces voyageurs, quelles soient marchandes, religieuses, politiques ou qu’elles relèvent de la soif de connaissance et de la découverte de l’autre.

En savoir plus sur cette exposition sur le site du musée de Cluny.

Sacs de voyage et pièces de monnaie - Musée de Cluny

Sacs de voyage et pièces de monnaie – Musée de Cluny

Boîtes de messager - Musée de Cluny

Boîtes de messager – Musée de Cluny

Gigantesque bible exposée au musée de Cluny - Codex Amiatinus

Gigantesque bible exposée au musée de Cluny – Codex Amiatinus

Rouleau aux morts - Musée de Cluny

Rouleau des morts – Musée de Cluny

Turquie : de nouvelles mosaïques découvertes à Zeugma

Turquie : de nouvelles mosaïques découvertes à Zeugma

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11 novembre 2014 – Les archéologues ont mis au jour trois nouvelles mosaïques lors de fouilles de la ville antique de Zeugma, située dans l’actuelle Turquie.

La cité de Zeugma fut fondée vers 300 avant notre ère par Séleucos Ier, général macédonien sous Alexandre le Grand et fondateur de la dynastie des Séleucides. Elle fut conquise par les Romains en 64 avant J.C. qui lui donnèrent le nom de Zeugma signifiant « pont », « liaison » en référence à sa position stratégique entre les deux rives du fleuve Euphrate. Située au carrefour d’une des plus importantes routes commerciales de l’antiquité, Zeugma constitua une ville clé de l’Empire romain d’Orient. Détruite en 256 par Shapur 1er, roi sassanide, elle survécut malgré tout sous la période byzantine avant d’être définitivement abandonnée au XIème siècle.

Cette période de fouilles s’achève à présent pour laisser place à la restauration et la conservation des vestiges découverts. Selon les archéologues, Zeugma aurait abrité 2000 à 3000 maisons et 25 seraient encore sous les eaux. En effet, la construction du barrage de Birecik dans les années 70 a tristement conduit à la noyade d’une partie du site archéologique de Zeugma.

En savoir plus sur le site d’Hurriyet Daily News

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Une amulette égyptienne découverte en Jordanie

Une amulette égyptienne découverte en Jordanie

Credit: University of California, San Diego

21 septembre 2014 – A l’occasion de fouilles menées sur un ancien site d’extraction du cuivre en Jordanie, une équipe d’archéologues a mis au jour une amulette égyptienne portant le nom d’un puissant pharaon de la XXIIème dynastie, d’origine libyenne, Sheshonq I (945 à 924 avant J.C.).

Cette amulette en forme de scarabée découverte sur le site de Khirbat Hamra Ifdan (50 kilomètres au sud de la mer Morte) pourrait ainsi attester de l’étendue de la campagne militaire menée par le pharaon Sheshonq I dans la région, il y a près de 3000 ans. L’inscription hiéroglyphique retrouvée sur l’amulette indique : « lumineuse est la manifestation de Rê, choisi par Amon Rê ». Il s’agit du surnom du pharaon Sheshonq I, fondateur de la XXIIème dynastie.

Le site archéologique avait été découvert en 2002. Il aurait abrité une intense activité de production de métal au début de l’âge de Bronze, entre environ 3000 à 2000 avant J.C. Selon de récentes découvertes, le site aurait également connu une activité plus récente de fonte de métal pendant l’âge de fer, aux alentours de 1000 à 900 avant J.C.

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